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A l’automne de mon mandat de Président du Conseil d’Administration
de la SRLF il me parait opportun de vous tenir informés des
développements intervenus depuis plus d’un an que j’exerce
ces fonctions, tant dans le fonctionnement quotidien que dans les
projets futurs de notre société, tant il est vrai
que seules l’imagination et l’audace créatrices
sont à même de nous détourner de la facilité
du nombrilisme auto satisfait.
L’organisation du prochain congrès de Janvier 2006
qui repose en grande partie sur Chantal Sevens, Eric Maury et Jean
Damien Ricard a été l’occasion d’une réflexion
prospective sur les modalités de préparation des futurs
congrès 2007 et 2008. Il a en effet été décidé
de prévoir une thématique emblématique pour
chaque congrès. Annoncée suffisamment à l’avance,
elle permettra pour partie une orientation sur celle – ci
, du programme et des résumés soumis pour communication.
Par ailleurs la décision d’une planification des congrès
sur au moins deux années autorisera une meilleure exhaustivité
ainsi qu’une meilleure lisibilité des sujets traités.
Enfin le découpage jugé artificiel entre enseignement
supérieur de réanimation et perfectionnement sera
supprimé mettant logiquement sur un pied d’égalité
l’ensemble des mises au point destinées à la
formation médicale continue. Des sessions d’actualités
professionnelles feront désormais systématiquement
partie du programme et associeront à la SRLF, les trois autres
structures emblématiques, à des titres divers, de
notre discipline : le SNMRHP, le CNERM et le CREUF, tous acronymes
beaucoup plus arides que ceux et celles qui les animent. A titre
d’exemple ces sessions seront consacrées en Janvier
2006 à l’actualité sur la nouvelle gouvernance
et aux recommandations concernant l’organisation des Unités
de Surveillance Continue, deux sujets au cœur de nos préoccupations
quotidiennes.
Lancée il y a dix huit mois la volonté d’amélioration
de la convivialité du site WEB de la SRLF (www.srlf.org)
est désormais une réalité. Le rôle clef
joué par le comité éditorial du site présidé
par Benoit Misset assisté de Bruno Mourvilliers et par Chantal
Sevens doit être souligné. La logistique est désormais
assurée par la société CYM, prestataire de
service de longue date de la SRLF pour l’informatisation de
notre congrès annuel. Un investissement financier important
a été consenti d’une part pour une indispensable
mise à niveau du parc informatique de notre direction administrative
et d’autre part pour la mise en place de nouvelles fonctionnalités
à l’accès plus convivial. A titre d’exemple
apparaissent désormais de nouvelles rubriques comme la mise
en ligne des moments phares du précédent congrès
sélectionné par notre secrétaire général
Eric Maury et l’accueil logique de la composante pédagogique
du collège national des enseignants de réanimation
médicale (CNERM). L’accueil du SNMRHP sera, en cas
de confirmation de sa volonté, fortement soutenu par le Conseil
d’administration au sein duquel siège d’ailleurs
actuellement son Président Pierre Edouard Bollaert. C’est
aussi par l’intermédiaire du site que chacun pourra
accéder aux référentiels régulièrement
publiés par la SRLF et dont l’importance va croissant
à l’aune de l’évaluation, désormais
prévue par la loi, des pratiques professionnelles. C’est
là aussi que chacun accédera facilement à la
connaissance des travaux et à la possibilité d’échanges
avec les nombreuses et dynamiques commissions de notre société.
A terme toutes les formalités administratives telles que
les cotisations annuelles de nos membres, les inscriptions à
nos différentes manifestations, l’achat des ouvrages
SRLF etc.. seront totalement informatisées et sécurisées
allégeant ainsi la partie peu gratifiante du travail de notre
Directrice Administrative Chantal Sevens. Ainsi cette évolution
de notre outil informatique ne justifie plus l’existence d’
un emploi de secrétaire au sein de notre société,
mais impose le recrutement de collaborateurs spécialisés
(assistant informatique, maquettiste) à même d’assurer
l’entretien quotidien et les nécessaires évolutions
de notre site http://www.srlf.org/. Vos
remarques, vos suggestions, vos souhaits d’implication sur
cette thématique seront les bienvenus.
Il vous souvient sans doute de la volonté qui fut la mienne
au cours de ce mandat de Président du Conseil d’administration
de la SRLF de créer des groupes de travail missionnés
de manière ponctuelle et limitée dans le temps sur
des thématiques d’actualité immédiate.
Celui crée à propos de l’infection nosocomiale
a rendu un rapport disponible sur le site web et bientôt publié
dans la revue Réanimation, organe d’expression reconnu
de notre société. Un deuxième a été
récemment crée en regard de la réflexion engagée
à l’échelon international par de nombreuses
sociétés savantes (ESCIM, SCCM, etc..) sur la prise
en charge précoce et optimale du sepsis sévère
et du choc septique. Elle devrait sous la responsabilité
de Christian Brun- Buisson rendre ses conclusions lors du congrès
de Janvier 2006. Enfin, bien que nous soyons toujours en attente
des décrets d’application à propos de la loi
Léonetti sur la fin de vie, un groupe de travail sur les
modalités d’application de cette nouvelle législation
en réanimation a été récemment mis en
place. Ce principe de mise en place de groupes de travail au sein
de notre société qui permet une réactivité
accrue face à l’actualité me paraît devoir
être privilégiée dans le futur. Elle autorise
,à la demande du Conseil d’Administration, la participation
d’experts venus d’horizons différents, à
même de prendre le recul nécessaire à l’interprétation
des faits et à la proposition de recommandations, deux qualités
dont nous manquons parfois comme membre élu des instances
administratives. La participation de la SFAR au sein de certains
de ces groupes doit être soulignée et doit beaucoup
à son actuel président Jean Marty.
De très longue date la SRLF a été pionnière
dans le domaine de l’établissement de référentiels
destinés à l’amélioration de la qualité
des soins. Utilisant toujours une méthodologie rigoureuse,
désormais souvent partagée avec la SFAR lorsque les
sujets s’y prêtent, l’élaboration régulière
de conférences de consensus et de recommandations formalisées
d’experts permet à notre société d’aborder
de manière sereine notre nécessaire implication dans
l’exercice récemment imposé par voie législative
de l’évaluation des pratiques professionnelles. Notre
Conseil d’Administration a décidé d’aller
à grands pas vers la formalisation d’un organisme agrée
au sens de la loi du 13 Août 2004 complétée
en avril 2005 par un décret d’application. Les commissions
d’évaluation et des référentiels de notre
société y seront bien sûr impliquées
à côté des représentants des différentes
instances nationales de notre discipline. Il s’agit là
d’un enjeu majeur pour les années à venir dans
le domaine de la formation médicale continue désormais
obligatoire au service de l’amélioration de la qualité
des soins et le rôle du Conseil d’Administration de
la SRLF sur cette thématique y sera déterminant. A
titre d’exemple, dans les mois à venir une conférence
de consensus nationale (Paris, 13 Octobre 2005) sur la prise en
charge hémodynamique du choc septique, une conférence
de consensus internationale (Paris 27-28 Avril 2006) intitulée
« Hemodynamic monitoring in shock and implications for management
» et les résultats d’une conférence formalisée
d’experts sur Intoxication grave par médicament et
substance illicite en réanimation ( présentée
au prochain congrès national en Janvier 2006) viendront ajouter
au socle déjà solide de nos référentiels
dont il faudra vérifier l’impact sur les pratiques
professionnelles des réanimateurs au sein de leurs unités.
La SRLF renoue par ailleurs avec l’organisation en région
de manifestations de formation médicale continue sous forme
de séminaires de perfectionnement : grand succès pour
cette manifestation récemment organisée à Marseille
par L Papazian et P Gerbaux et prévision d’une manifestation
du même type à Tours en 2006 (1er et 2 Juin) sous la
responsabilité de D Perrotin. Cette réunion annuelle
en région associe désormais systématiquement
la Commission de Médecine d’Urgence de notre Société
tant est forte l’intrication entre réanimation et prise
en charge des urgences vitales.
L’omniprésence de la technologie et de sa sophistication
chaque jour croissante, au service de l’amélioration
de la qualité des soins des patients qui nous sont confiés,
n’échappe au quotidien à aucun d’entre
nous. C’est pourquoi, il est apparu au Conseil d’Administration
opportun de chercher à tisser des liens avec l’Association
française des Ingénieurs Biomédicaux qui devrait
être présente lors de notre prochain congrès
à travers une session commune concernant les nouveautés
en ventilation mécanique et un stand de présentation
au sein du hall d’exposition. Au delà de cette première
approche devrait s’ouvrir au sein de la SRLF le débat
sur l’élargissement à d’autres professionnels
de la santé que les seuls médecins, de l’accès
à notre Société: infirmiers, ingénieurs
biomédicaux, kinésithérapeutes etc.. impliqués
en soins intensifs. Cet élargissement qui refléterait
à mon sens , beaucoup plus qu’actuellement, la réalité
de la prise en charge quotidienne des patients au sein des unités
de réanimation suscite d’importantes réserves
et réticences au sein de l’actuel Conseil d’Administration.
La SRLF ne pourra, à terme, faire l’économie
d’une réflexion approfondie sur cette interrogation
d’une grande actualité.
Reste enfin, parmi beaucoup d’autres sujets laissés
à la maturation féconde de commissions avides d’innovation
et de reconnaissance, le difficile problème du rôle
du Conseil d’Administration dans la promotion de la recherche.
Il est clair qu’à travers la place très grande
faite, à l’occasion de notre congrès annuel,
aux présentations orales et sous forme de communications
affichées de nombreux études originales venues des
quatre coins de la France, mais aussi de quelques pays francophones,
la SRLF assure la promotion de travaux individuels et de quelques
travaux multicentriques de recherche surtout clinique. De plus notre
Société délivre un nombre important de prix
et bourses (dont certains en collaboration avec d’autres sociétés
savantes comme la SFAR ou la SPLF) à de jeunes chercheurs.
La SRLF a enfin organisé , sous la responsabilité
d’E Azoulay sa journée FMC en avril dernier sur le
thème de la Recherche Clinique et sous celle de F Tamion,
en décembre dernier, une journée recherche en interface
avec l’ INSERM sur le stress oxydant. Aller, pour la SRLF,
au delà de cette approche, se heurte au triple problème
de l’arsenal législatif, du financement et du caractère
souvent personnalisé , certes au sein d’une équipe,
de la recherche qu’elle soit fondamentale ou clinique. Il
existe cependant peut- être une place pour l’implication
es qualité de la SRLF dans des travaux de recherche en épidémiologie-
santé publique et aussi d’évaluation des pratiques
professionnelles, tous domaines dans lesquels elle dispose d’un
certain savoir faire. Cependant, la mise sur pied de tels projets
en passerait alors, non pas par le recours à une commission
de recherche clinique dans l’incapacité évidente
à être composée en permanence d’ experts
au fait de toutes les facettes de notre discipline, mais par la
constitution de comités scientifiques spécifiques
de la thématique concernée. Ces comités rassembleraient
les experts reconnus sur le sujet, qui trouveraient au sein de la
SRLF un support logistique et financier complémentaire de
celui ou ceux que chacun s’efforce aujourd’hui de trouver
au sein des structures hospitalières, universitaires, régionales
ou nationales etc.. L’absence objective de volonté
majoritaire des collègues réanimateurs pour reconnaître
à la SRLF une légitimité dans ce domaine me
parait aujourd’hui incompatible avec la conduite de tels projets.
Gagner cette légitimité en passerait par un travail
de fond sur l’ensemble du territoire, relayé par ceux
de nos membres, qui, occupant aujourd’hui des postes de responsabilité
dans les différentes instances locales et convaincus du rôle
clef de notre société, participeraient de la transcendance
des intérêts particuliers au service d’une collectivité
aujourd’hui, à juste titre sans doute, bien frileuse.
Cette utopie renvoie à mon sens à l’objectif
plus modeste qui fut le mien au cours de mon mandat, d’une
Société au service de ses membres, centrée
sur la formation médicale continue, l’évaluation
des pratiques professionnelles et l’amélioration de
la qualité des soins.
Christian RICHARD
Le 7 Juillet 2005
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