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Recommandations SRLF-SKR pour l'organisation de la kinesithérapie en réanimation - Nov 2007


        L’organisation de l’activité des structures de réanimation et de surveillance continue est prévue par le décret 2002-466 du 5 avril 2002. Cette activité présente un certain nombre de particularités par rapport aux autres secteurs d’hospitalisation. Elle est réalisée dans un contexte d’urgence vitale, impliquant une disponibilité des acteurs comme des techniques, afin de répondre sans délai à une demande non programmée. Elle s’intègre dans la permanence des soins, 24 heures sur 24, 365 jours par an. Aucune interruption de cette activité n’est possible: une organisation assurant cette permanence est donc indispensable. La gravité des patients pris en charge dans ces structures et la technicité d’un certain nombre d’interventions nécessitent de favoriser le développement de formations spécifiques et le respect de l’expérience des différents intervenants, ces deux éléments étant essentiels pour garantir une qualité des soins optimale.

    Ces différents aspects organisationnels s’appliquent à part entière à l’activité de kinésithérapie en réanimation. L’activité des kinésithérapeutes en réanimation s’inscrit dans le champ défini par les articles R4321-1 à R4321-13 du Code de la Santé Publique. Ils participent ainsi, entre autres, au désencombrement bronchique, au maintien et à la récupération de l’intégrité de la ventilation (notamment en étant particulièrement impliqués dans les techniques de ventilation non invasive, de sevrage de la ventilation mécanique et d’extubation), à la réadaptation à l’effort, à l’évaluation et la rééducation de la déglutition, à la prévention et la prise en charge des complications locomotrices, à la prévention des escarres, à la lutte contre la douleur et aux différents aspects de la réhabilitation locomotrice. Ils doivent, pour exercer au mieux leurs fonctions, participer aux réunions et visites cliniques organisées dans l’unité de réanimation. Selon l’activité des structures dans lesquelles les kinésithérapeutes interviennent, ils peuvent également être associés à des activités d’enseignement, de recherche ou d’évaluation.

     L’article D. 712-110 du décret 2002-466 indique que « l’établissement de santé doit être en mesure de faire intervenir en permanence un masseur-kinésithérapeute justifiant d’une expérience attestée en réanimation » dans les unités de réanimation.

    En pratique, cette permanence de la disponibilité de kinésithérapeutes implique la présence physique continue dans les unités de réanimation et les unités de surveillance continue qui leur sont fonctionnellement rattachées, et non sur appel, d’un ou plusieurs kinésithérapeutes, tous les jours (365 jours par an) pour une durée quotidienne qui ne doit pas être inférieure à 7 heures. Cette amplitude horaire doit pouvoir être significativement augmentée (jusqu’à 12 heures par jour) en fonction de besoins spécifiques liés à des circonstances ou des organisations particulières (type de patients pris en charge, périodes épidémiques …). En dehors de la période quotidienne de présence dans les unités, une astreinte peut être organisée, basée sur l’appel par le médecin réanimateur selon des protocoles préétablis. Cependant, cette astreinte ne doit pas se substituer à l’activité quotidienne normale.

    Pour permettre une prise en charge globale de l’ensemble des besoins des patients, il est nécessaire de disposer d’un nombre suffisant de kinésithérapeutes, à savoir un kinésithérapeute pour 8 patients hospitalisés.

       Afin d’optimiser la continuité des soins et de favoriser le développement de protocoles de soins d’équipe, il est souhaitable d’identifier un ou des kinésithérapeutes référents, rattachés fonctionnellement, ou mieux administrativement, à chaque unité de réanimation. Ces kinésithérapeutes doivent être intégrés à part entière dans l’équipe soignante de réanimation. Selon l’organisation de chaque établissement, ils peuvent être membres d’un pôle regroupant les activités de réanimation ou détachés d’une structure transversale de rééducation au sein d’une unité de réanimation ou de surveillance continue. Dans tous les cas, pour une meilleure efficience, il est essentiel de favoriser la stabilité de ces kinésithérapeutes référents en évitant leur rotation trop rapide lorsque l’établissement dispose de plusieurs unités de réanimation. Une fiche de poste permettra de mettre en évidence les missions attendues de ces kinésithérapeutes.

    Afin de répondre à l’exigence réglementaire d’expérience attestée et de disposer d’une qualification professionnelle adaptée, il est nécessaire que les kinésithérapeutes intervenant dans les unités de réanimation puissent :

        -    justifier d’un exercice antérieur d’au moins un an en qualité de kinésithérapeute exerçant à temps plein dans une unité de réanimation définie au 1er de l’article R.712-92 et ce dans les cinq années précédentes

        -    ou avoir suivi une formation spécifique agréée à la kinésithérapie de réanimation avec un stage de deux mois temps plein dans une unité de réanimation encadré par un kinésithérapeute expérimenté, et ce dans les trois années précédentes


Ces dispositions correspondent aux recommandations établies par la SKR en 2003 à l’occasion de la révision des SROS.
Ces kinésithérapeutes participeront à la formation pratique des nouveaux intervenants, en plus de leurs activités de soins.

 
Société de Réanimation de Langue Française - 48, avenue Claude Vellefaux - 75010 Paris - Tel : 01 45 86 74 00 - Fax : 01 45 86 74 44