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Douleur liée aux prélévements sanguins en réanimation: étude observationnelle


F. Mischler, C. Lanoës, M. Longval, C. Besselièvre, A. Cosson, JY. Fagon, C. Gilliung, C. Leblanc, P. Martinez, B. Mourvillier, B. Régnier, M. Pairault

Introduction


 

Au sein d’un groupe de réflexion et de travail pluridisciplinaire « Souffrance des patients » ayant pour but de « formaliser » une politique de prise en charge globale de la douleur dans le service, il est apparu intéressant de faire un état des lieux de la douleur générée par un acte banalisé en réanimation, le prélèvement sanguin artériel et veineux.

 

 Patients et Méthodes


 

Une évaluation prospective des prélèvements sanguins a été réalisé chez les patients non intubé ou trachéotomisé. L’infirmière réalisant le prélèvement relevait : l’heure, le motif et le type de prélèvement, le nombre de tentatives, l’application préalable ou non d’EMLA® et l’autoévaluation par l’Echelle Verbale Simple (0 à 10) de la douleur ressentie par le patient, avant, pendant et après le prélèvement.

 

 Résultats


 

Pendant les 9 semaines de l’étude, la douleur au cours de 277 prélèvements chez 71 patients conscients a pu être évaluée. Tous prélèvements confondus, la moitié d’entre eux (52%) se révèlent douloureux. Concernant les prélèvements artériels (n = 194), la douleur est présente dans 54% des cas et modérément intense dans 23% des cas (7 > EVS > 4). L’application d’ EMLA® ne modifie pas la proportion de gestes douloureux (47 vs 34%, p = 0,2) mais la fréquence de douleur intense (EVS>7) diminue significativement (23 vs 6%, p = 0,005).
Concernant les 83 prélèvements veineux, ils étaient ressentis comme douloureux dans 57% des cas (n = 47), modérément douloureux dans 8% des cas mais jamais de façon intense. L’application d’EMLA® a été trop rarement utilisée pour permettre une évaluation rigoureuse.
Concernant l’ensemble des prélèvements, une douleur (EVS>1) est présente dans 69% des cas à la deuxième tentative contre 47% des cas à la première (p = 0,02) et il existe une tendance à une intensification de la douleur (douleur intense à modérée : 15 vs 28%, p = 0,09).
Il ne semblait pas y avoir de différence en fonction de l’heure de prélèvement lorsqu’il étaient réalisés entre 22h et 6h comparativement à 7 et 8h (artériel : 64 vs 47% d’EVS = 0, p = 0,12 ; veineux : 62 vs 63%, NS).

 

 Conclusion


 

Le caractère algogène des prélèvements en réanimation justifie une véritable prise de conscience des conséquences de cet acte « anodin » dans notre pratique quotidienne. L’intensification de l’utilisation de patchs anesthésiques locaux, y compris pour les prélèvements veineux, ainsi que la diminution du nombre de prélèvements et la limitation du nombre de tentatives pourraient constituer des éléments simples de réponse.

 
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