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Article
Caille V
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Question évaluée :
L’augmentation de l’index cardiaque lors de la manœuvre de lever de jambes passif est-elle liée uniquement au retour veineux des membres inférieurs ? Type d'étude : Physiopathologique, prospective, monocentrique Population étudiée : Au total, 40 patients en insuffisance circulatoire, intubés-ventilés et profondément sédatés. Commentaires : Le lever de jambes passif (LJP) est une manœuvre posturale susceptible de reproduire transitoirement les effets hémodynamiques d’une expansion volémique par redistribution d’un volume sanguin depuis le secteur veineux périphérique vers le secteur sanguin central. Cette manœuvre a été proposée pour prédire la réponse au remplissage chez les patients ventilés ou respirant spontanément, et présentant une insuffisance circulatoire [2,3]. Si les 2 ventricules du patient sont en situation de précharge dépendance, le LJP s’accompagnera d’une augmentation transitoire du débit cardiaque (par augmentation du volume d’éjection systolique). La prédiction des effets d’une expansion volémique permet alors également d’éviter un remplissage vasculaire inutile et potentiellement dangereux chez les patients en situation de précharge indépendance. Cependant, si les effets hémodynamiques consécutifs au LJP semblent rendre compte de la précharge dépendance, d’autres mécanismes (comme la stimulation douloureuse ou le réveil du patient provoquée par la manœuvre, la mise en jeu du baroreflexe [4] ou du reflexe cardiopulmonaire [5]) seraient susceptibles d’interférer avec l’augmentation de la précharge cardiaque induite par le LJP, rendant ainsi difficile l’interprétation des modifications hémodynamiques constatées. Cette étude hémodynamique et échographique de l’équipe de Boulogne montre que les patients du groupe 1 ne présentent aucune variation de la fréquence cardiaque, malgré une augmentation significative de la pression artérielle secondaire au LJP, puis au remplissage, plaidant pour une désensibilisation du baroréflexe chez ces patients alités, sédatés (comme déjà précédemment décrit dans la littérature). De même, dans cette population particulière, l’effet d’une éventuelle stimulation sympathique pour expliquer une part des modifications hémodynamiques induites par le LJP semble peu probable, puisque les patients du groupe 2, dont Points forts : Equipe référente. Pertinence des indices échographiques recueillis. Points faibles : Patients sédatés sous ventilation mécanique, donc pas de réponse sur le rôle potentiel de la stimulation sympathique, du baroreflexe ou du reflexe cardiopulmonaire sur la réponse hémodynamique au LJP chez les patients éveillés et non ventilés. Implications et conclusions : Il s’agit d’un travail original montrant que chez des patients sédatés, la constatation d’une augmentation de débit cardiaque après manœuvre du LJP est liée uniquement à une augmentation de précharge cardiaque. Le LJP constitue donc pour ces patients une manœuvre simple, facilement réalisable au lit du malade, pour évaluer la précharge dépendance.
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Commenté par le Dr Sylvain Ladoire le 19/04/2008(sylvain.ladoire@chu-dijon.fr) |
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Partenaires : Dr Sébastien Prin/ Dr Jean-Pierre Quenot |
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Liens utilesIntensive Care Med. 2004;30:1734-9 2 : Boulain T Chest 2002;121:1245-52 3 : Lamia B Intensive Care Med. 2007;33:1125-32 4 : Roddie IC J Physiol. 1957;139:369-76 5 : Barbieri R Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol. 2002;283:R1210-20 6 : Bainbridge FA J Physiol. 1915;50:65-84 |
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