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Prescription : attention enfants !
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Article

Sicot C
Ann Fr Anesth Reanim. 2007;26:893-6.
Question évaluée : Cas reporté du décès d’un enfant à la suite d’une prescription imprécise.

Type d'étude : Cas clinique

Population étudiée : Enfant de 4 ans, sans antécédents autres que des infections ORL à répétition, en phase post-opératoire d’une intervention d’une durée de 15 minutes pour ablation des amygdales et végétations.

Méthode :  Cas clinique

Résultats essentiels :  La prescription comprenait notamment la mention « perf GV ». L’infirmière comprenant perfusion par glucosé 5% a mis en place ce soluté. A H2 l’enfant vomissait, comme cela se voit régulièrement après ce type de chirurgie. A H3 l’enfant était très agité et continuait à vomir. A H5 survenaient des convulsions. Après examen médical, l’enfant étant comateux avec des pauses respiratoires, il est décidé de l’intuber. A H7 la natrémie revient à 115 mmol/L. Malgré la réanimation qui a suivi, l’enfant sera  en mort cérébrale à H12. Outre le décès d’un enfant en bonne santé, l’imprécision de la prescription a conduit à la condamnation pour homicide involontaire du médecin prescripteur et de l’infirmière qui a posé la perfusion.


Commentaires : Cette histoire dramatique est loin d’être isolée (1). Des situations analogues sont encore rattrapées in extremis. La prescription d’un garde veine sans autre précision (voir la prescription d’un glucosé sans apport sodé comme le G5%) conduit d’autant plus rapidement à l’hyponatrémie que l’organisme qui le reçoit est de faible poids. La natrémie modulant l’hydratation cellulaire, l’hyponatrémie induit un état d’hyperhydratation intracellulaire qui au niveau cérébral conduit à l’œdème cérébral avec encéphalopathie hyponatrémique, au coma et à l’engagement. Ce drame nous rappelle combien il est important pour une IDE de s’assurer que la prescription est parfaitement lisible, claire, précise et sans abréviation et qu’elle en comprend tous les termes. Le service concerné accueillait essentiellement des adultes : on demande aux IDE une polyvalence incompatible avec la sécurité optimale des patients. Le soin à l’enfant demande des connaissances particulières. La méconnaissance de ces particularités fait que l’IDE sous-estime les risques encourus et ne demande pas d’informations supplémentaires au médecin.



Points forts : Réflexion sur notre manière de prescrire

Points faibles : Absence de procédures écrites/ Absence d'informatisation de la prescription

Implications et conclusions : On ne devrait plus voir de prescription pour un enfant n’explicitant pas la nature du soluté à perfuser. Les solutés hypotoniques et en particulier le glucosé sans apport sodé étant à bannir en toutes circonstances. Par ailleurs une perfusion « en débit libre » exposant l’enfant à un risque de surcharge hydrique, un dispositif de contrôle de débit de perfusion est indispensable.

 

 

 




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Commenté par le Dr Jean-Michel LIET le 18/05/2008

(jeanmichel.liet@chu-nantes.fr)

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