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QUAND LE DIAPHRAGME PARLE AU VENTILATEUR !
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Article

Spahija J et al, Patient-ventilator interaction during pressure support ventilation and neurally adjusted ventilatory assist.
Crit Care Med. 2010 Feb;38(2):518-26
Question évaluée : Comparaison de l’effet de deux modes de ventilation assistée sur le profil respiratoire, la synchronisation patient-respirateur, le travail diaphragmatique et les échanges gazeux.

Type d'étude : Etude prospective, comparative et croisée

Population étudiée :  14 patients sous ventilation mécanique non sédatés depuis au moins 4h et remplissant les critères pour subir un test de sevrage de la ventilation mécanique ont été étudiés. Douze de ces patients souffraient d’une BPCO.

Méthode :  Après avoir déterminé le niveau d’aide inspiratoire (AI) le plus faible toléré par les patients, ceux-ci ont été soumis de façon randomisée à quatre stratégies ventilatoires: (1) AI au niveau le plus faible toléré, (2) AI augmentée de 7 cmH2O, (3) mode NAVA (neurally adjusted ventilatory assist ou neuro-asservissement de la ventilation assistée) avec niveau de pression crête identique à celle obtenue avec l’AI la plus faible tolérée et (4) augmentée de 7 cmH2O.

Résultats essentiels :  Le mode NAVA permet d’améliorer la synchronisation patient – respirateur en réduisant les délais de déclenchement et de cyclage inspiratoires, spécialement aux hauts niveaux d’assistance tout en maintenant une respiration spontanée et des bons échanges gazeux. Chez 6 des 14 patients étudiés, des efforts inspiratoires non détectés par le respirateur (efforts inefficaces) ont été observés en mode AI : 5% des efforts étaient inefficaces en AI avec pression basse et 31% en mode AI augmentée de 7 cm H2O. En mode NAVA aucun effort inefficace n’a été observé.


 


Commentaires :

Le mode NAVA utilise l’activité électrique du diaphragme enregistrée par une sonde gastrique munie d’électrodes. L’AI est proportionnelle à l’amplitude du signal électrique et se termine lorsque celui-ci atteint 80% de sa valeur maximale.
La ventilation proportionnelle assistée (PAV) et le NAVA visent à améliorer la synchronisation patient-respirateur et délivrent une ventilation assistée proportionnelle à l’effort inspiratoire du patient. Bien que conceptuellement intéressante, la PAV n’a pas eu l’essor escompté principalement pour des raisons de difficultés de manipulation et le manque d’effets bénéfiques démontrés. Récemment introduit sur le marché, le mode NAVA vise à améliorer la synchronisation entre le patient et le respirateur car il permet de déclencher le respirateur sur base du signal électrique diaphragmatique et non sur base du signal de volume, de pression ou de débit générés dans le circuit du respirateur. De plus, il respecte mieux le profil respiratoire physiologique puisque l’aide inspiratoire est proportionnelle à l’activité diaphragmatique. Enfin, la détection de la fin du cycle inspiratoire est basée sur la diminution de l’activité du diaphragme et évite tout retard de détection particulièrement délétère et fréquent chez les patients obstructifs.



Points forts : Le NAVA est probablement l’approche la plus novatrice pour améliorer la synchronisation entre le patient et le respirateur car il utilise le signal diaphragmatique plutôt que le signal de débit ou de pression dans le circuit du ventilateur

Points faibles : Réglages non optimaux en AI : trigger expiratoire réglé trop bas (arrêt du cycle inspiratoire quand le débit atteint 5% de la valeur maximale) d’où un délai dans l’arrêt du cycle inspiratoire

Implications et conclusions :

Les ventilateurs conventionnels délivrent l’aide inspiratoire en réponse au signal de pression, de débit ou de volume déclenché par l’effort du patient et mesuré au niveau du circuit ventilatoire. Cet article montre que l’utilisation du signal électrique diaphragmatique permet de diminuer le délai de détection du début et de la fin de l’activité inspiratoire du patient et d’améliorer la synchronisation patient-ventilateur. Les bénéfices apportés par le NAVA sur la durée de ventilation, la durée de séjour en soins intensifs, ainsi que sur la morbidité et mortalité sont encore à démontrer. 




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Commenté par le Dr Bernard Lambermont le 02/03/2010

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Partenaires : Docteur Thierry Sottiaux, hôpital Notre-Dame, Gosselies, BELGIQUE


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