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Que reste-t-il de la radiographie thoracique de routine après placement d’un cathéter central ?
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Article

Vezzani et al. Ultrasound localization of central vein catheter and detection of postprocedural pneumothorax: an alternative to chest radiography
Crit Care Med. 2010 Feb;38(2):533-8.
Question évaluée : Intérêt de l’échographie pour contrôler la position des cathéters centraux après leur insertion.

Type d'étude : étude prospective observationnelle

Population étudiée :  111 patients de soins intensifs sous ventilation mécanique chez qui un cathéter central a été placé

Méthode :  Après mise en place de la voie centrale une radiographie thoracique et une échographie bi-dimensionnelle avec injection de contraste (5 ml de LP mélangé avec 0,5 ml d’air) ont été réalisées par des examinateurs différents pour vérifier la bonne position du cathéter et l’absence de pneumothorax


Résultats essentiels :  L’échographie na pas pu être réalisée chez 12 des 111 patients pour des raisons techniques. La radiographie thoracique a mis en évidence une complication chez 30 des 111 patients : 2 pneumothorax, 4 cathéters remontant en jugulaire, 24 cathéters arrivant dans l’oreillette droite. L’échographie de son côté a mis en évidence des anomalies chez 33 patients : 4 pneumothorax, 4 cathéters remontant en jugulaire et 25 cathéters dont l’extrémité arrivait dans l’oreillette droite, dont 19 détectés par l’échographie simple sans injection de contraste. Le délai moyen pour réaliser l’échographie était de 10 minutes contre 83 pour la Rx thorax. Le coût de l’examen par ultra-sons avec contraste est évalué à 2,81 euros de moins que la radiographie du thorax


 

 


Commentaires :

En raison du taux potentiellement élevé de complications rencontrées lors de l’insertion d’un cathéter veineux central, la réalisation d’une radiographie de contrôle systématique après l’insertion est recommandée par l’American College of Radiology. Malheureusement, la radiographie coûte cher, et fait parfois courir des risques inutiles aux patients, qu’ils soient liés à l’irradiation ou aux manipulations nécessaires à la mise en place de la plaque de radiologie sous le patient. De plus, la radiographie thoracique n’est pas très sensible pour la détection des pneumothorax ni spécifique pour identifier la mauvaise position des cathéters. Ainsi, la présence de plus en plus fréquente d’échographes dans les unités de soins intensifs et l’essor de l’échographie cardiaque mais aussi pulmonaire et vasculaire pour évaluer les patients de soins intensifs semble pouvoir être utile pour exclure la présence d’un pneumothorax et s’assurer de la bonne position de l’extrémité du cathéter mis en place.

 



Points forts : l’idée d’utiliser du contraste pour affiner l’analyse est excellente. Collectif de patients importants

Points faibles : taux de complication élevé

Implications et conclusions :

Au même titre que la réalisation quotidienne d’une radiographie thoracique chez les patients ventilés n’est pas recommandée (1), son indication systématique après insertion d’un cathéter central ne semble pas non plus justifiée et son utilité devrait pouvoir être évaluée au cas par cas. Ainsi le recours systématique à la radiographie thoracique pourrait être remplacé par un usage ciblé lorsque l’échographie ne peut être réalisée ou donne des résultats incertains 

 




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Commenté par le Dr Bernard Lambermont le 20/05/2010

(b.lambermont@chu.ulg.ac.be)

Liens utiles

1 : Hejblum G, et al. Comparison of routine and on-demand prescription of chest radiographs in mechanically ventilated adults: a multicentre, cluster-randomised, two-period crossover study.
Lancet. 2009 Nov 14;374(9702):1687-93. Epub 2009 Nov 4.

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