F.
ABROUG, S. NOUIRA
Réanimation Polyvalente
CHU MONASTIR
ACCES
DIRECT AUX CHAPITRES |
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AUTRES
TEXTES D'EXPERTS |
| ADULTE |
- A.
Tenaillon, Ph. Aegerter: Epidémiologie
de l'asthme aiguë grave.
- S.
Salmeron, ML. Robin, L. Kettaneh, FX. Blanc: Quelles
sont les modalités d'administration des
béta-2 agonistes dans la crise d'asthme aiguë
grave ? (Voie d’administration,
Posologie, Tolérance, Durée).
- P.
Plaisance, C. Soleil:
Quelles sont les indications et modalités d'administration
des thérapeutiques adjuvantes et alternatives suivantes
dans la dans crise d'asthme aiguë grave ?
- D.
Perrotin: Quelles sont
les indications et modalités d'administration en première
intention: des gluco-corticoïdes, du bromure d'ipratropiumdans
crise d'asthme aiguë grave ?
- F.
Feihl, MD. Schaller: Ventilation
mécanique des patients intubés pour une crise
d'asthme aiguë grave: modalités pratiques.
- JC.
Chevrolet: Emploi
de mélanges hélium-oxygène et des agents
volatils dans l'asthme aiguë grave.
- JM.
Berthezene: Existe-t-il
de nouveaux critères relatifs au terrain, à
l'anamnèse, aux données cliniques ou paracliniques
qui permettent d'évaluer ou de présager de la
gravité d'une crise d'asthme? Existe-t-il des scores
de gravité ou de suivi évolutif validés
dans la crise d'asthme aiguë grave ?
- F.
Adnet: quelles sont les
indications et les modalités de l'intubation trachéale
dans la crise d'asthme aiguë sévère en
phase pré-hospitalière et à l'hôpitald?
quelles
sont les modalités de la sédation préalable
lorsqu'elle est nécéssaire?
- PF.
Dequin: Quelles sont les
modalités de la nébulisation chez le patient
ventilé pour crise d'asthme aiguë grave?
|
ENFANT |
- S.
Leteurtre: Quelles sont
les modalités d'administration des béta-2 mimétiques
dans l'asthme aiguë de l'enfant?
- S.
Laberge:
Existe-t-il de nouveaux critères relatifs au terrain,
à l'anamnèse, aux données cliniques ou
paracliniques qui permettent d'évaluer ou de présager
de la gravité d'une crise d'asthme? Existe-t-il des
scores de gravité ou de suivi évolutif validés
dans la crise d'asthme aiguë grave ?
- A.
Labbe: Modalités
d'administration en première intention de l'oxygénothérapie,
des glucocorticoïdes, du bromure d'ipratropium, de l'adrénaline.
Quelles sont les indications et les modalités d'administration
des thérapeutiques adjuvantes et alternatives dans
la crise d'asthme aiguë grave?
- M.
Fayon, P. Hubert: Quelles
sont les indications et lesmodalités de l'intubation
dans la CAAG (Choix de l'intubation, la technique, le choix
desproduits pour une éventuelle induction ou sédation-analgésie
préalable). Quelles
sont les modalités de la ventilation (VC,
VNI, etc...) et quels sont les produits utilisables pour la
sédation continue de ces patients (sédatifs,
curarisation...) et ses complications (neuromyopathie de réanimation).
Quelle est la place actuelle des halogénés,
de l'héliox ? Modalités de la nébulisation
chez le patient ventilé (texte n°1)
- M.
Fayon, P. Hubert: Quelles
sont les indications et lesmodalités de l'intubation
dans la CAAG (Choix de l'intubation, la technique, le choix
desproduits pour une éventuelle induction ou sédation-analgésie
préalable). Quelles
sont les modalités de la ventilation (VC,
VNI, etc...) et quels sont les produits utilisables pour la
sédation continue de ces patients (sédatifs,
curarisation...) et ses complications (neuromyopathie de réanimation).
Quelle est la place actuelle des halogénés,
de l'héliox ? Modalités de la nébulisation
chez le patient ventilé (texte n°2)
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|
A
- L'OXYGENOTHERAPIE
Au cours de l'Asthme Aigu Grave (AAG) la réduction du calibre
des bronches (conséquence de l'association de bronchospasme,
œdème muqueux et hypersécrétion bronchique)
détermine un accroissement des zones à bas rapports
ventilation- perfusion (VA/Q). La distribution du flux sanguin pulmonaire
est alors de type bimodal caractérisé par l'existence
de zones normalement perfusées et d'autres à perfusion
limitée en raison d'une vasoconstriction pulmonaire hypoxique
tendant à limiter l'hypoxémie (1). Cependant, le pourcentage
de débit cardiaque perfusant les zones à bas rapports
VA/Q a tendance à augmenter avec la sévérité
de l'obstruction bronchique passant dans les crises les plus graves
à plus de 30% contre 0,4 % chez l'asthmatique en dehors des
crises (2). Dans la pratique clinique, l'observation de 350 asthmatiques
en crise a montré que 2% seulement d'entre eux avaient une
hypoxémie sévère (<50 mmHg) (3). L'apport
d'oxygène ne semble donc s'imposer que lors des crises graves
(4). En effet, l'inhomogénéité des rapports VA/Q
caractéristique de la crise d'asthme n'a d'expression sur le
plan de l'homéostasie (pour déterminer ainsi une hypoxémie)
qu'en cas de perturbations substantielles des rapports VA/Q. Ceci
correspond généralement à un degré d'obstruction
bronchique important (une hypoxémie ne s'installe que lorsque
le VEMS devient <40% de la valeur prédite) (5) . Il faut
cependant souligner la complète dissociation entre le degré
d'altération du débit expiratoire et celui des gaz du
sang (après une exacerbation il y a normalisation plus rapide
des débits expiratoires en comparaison aux gaz du sang) (1)
. D'ailleurs lorsque le VEMS est supérieur à 1 L, il
n’est plus corrélé à la PaO2. L'hypoxémie
étant liée à l'inhomogénéité
VA/Q elle répond sans difficultés à l'enrichissement
en O2 du gaz inspiré.
Le
problème de l'hypoxémie secondaire au traitement ß2
agoniste:
La
nébulisation de ß2 agonistes constitue la pierre angulaire
du traitement de première intention de la crise d'asthme. Cependant,
Il est admis depuis 1967 que la nébulisation de ß2 agonistes
peut déterminer une hypoxémie chez les patients qui
n'en avaient pas et aggraver l'hypoxémie chez les patients
en crise plus grave (6). Le mécanisme de cette hypoxémie
est lié à la levée partielle ou totale par les
ß2 agonistes nébulisés, de la vasoconstriction
hypoxique augmentant ainsi la perfusion des territoires pulmonaires
ayant un bas rapport VA/Q.
Cette observation, initialement décrite pour l'isoprenaline
alors ß agoniste le plus prescrit, l'a été également
pour des drogues plus récentes comme le salbutamol (6,7).
La baisse de la PaO2 rapportée à ce phénomène
a le plus souvent été relativement modérée
et sa pertinence pour la pratique clinique quotidienne remise en question.
Il faut cependant souligner que la plupart des études ayant
rapporté ce phénomène ont inclu des échantillons
faibles de malades et exclu les patients souffrant de crises sévères
hypoxémiantes. Il est en outre admis qu'il existe une variabilité
interindividuelle concernant la réponse des muscles lisses
vasculaires à la stimulation des ß2 adrénocepteurs
(8). Cette variabilité est en relation avec le polymorphisme
du gène des ß2 adrénocepteurs déterminant
majeur de la réponse des muscles lisses vasculaires aux ß2
agonistes (9). L'attention a récemment été attirée
sur la possible aggravation de l'hypoxémie chez les asthmatiques
en crise à l'entame du traitement par ß2-agonistes nébulisés
(Grade C) (10). Les patients susceptibles à ce type d'incidents
sont a priori indiscernables des autres.
Problème de l'hypercapnie
L'hypercapnie
qui s'observe dans près de 17% des crises d'asthme sévères,
est en partie liée à l'inhomogénéité
des rapports VA/Q (4) . La fatigue des muscles respiratoires y contribue
souvent.
A l'opposé de ce qu'on observe chez les patients porteurs de
BPCO souffrant d'hypercapnie chronique, l'administration d'oxygène
à haut débit dans la crise d'asthme hypoxémiante
ne s'accompagne pas d'aggravation de l'hypercapnie (Grade C). Des
études récentes ont néanmoins attiré l'attention
sur la possibilité d'aggravation de l'hypercapnie dans les
crises d'asthme hypercapniques traitées par 100% d'oxygène
(11). Une élévation de la PaCO2 de près de 6mmHg
a été observée dans 41 % des cas parmi 37 patients
qui ont reçu durant 10 min de l'oxygène après
nébulisation préalable de bronchodilatateurs. Ce phénomène,
plus fréquent chez les patients ayant l'obstruction bronchique
la plus sévère, ne semble pas lié à l'aggravation
de celle-ci mais plutôt la conséquence de l'oxygénothérapie.
L'extrapolation de cette observation a la pratique clinique n'a pas
été bien explorée. On ne peut en outre, présager
que si des bronchodilatateurs avaient été nébulisés
simultanément les même résultats auraient été
observés. En effet, l'effet bénéfique des bronchodilatateurs
sur l'obstruction bronchique pourrait améliorer la limitation
des débits et l'aggravation de l'hypercapnie.
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de page
B
- QUELLES SONT LES INDICATIONS ET MODALITES D'ADMINISTRATION DE
L'ADRENALINE?
Bases
théoriques de L'utilisation d'adrénaline dans L'AAG
L'adrénaline
est un sympathomimétique non sélectif qui a longtemps
été considéré en sous-cutané comme
le traitement de première intention de la crise d'asthme. En
raison de ses effets indésirables principalement cardiovasculaires,
ce médicament est devenu de moins en moins utilisé au
profit des ß2 agonistes sélectifs. Les effets systémiques
de l'adrénaline étaient pourtant en majeure partie liés
aux fortes doses utilisées qui pouvaient aller jusqu'à
9 mg (12).
Grâce à son effet alpha vasoconstricteur l'adrénaline
aurait l'avantage théorique sur les ß2 agonistes sélectifs,
d'agir sur la composante œdémateuse de l'obstruction bronchique
réduisant ainsi l'obstruction bronchique. L'activité
alpha-agoniste de l'adrénaline pourrait également augmenter
de façon significative la PaO2 au cours d'une crise d'asthme
en évitant la détérioration des rapports ventilation/perfusion
généralement observée par l'interférence
des effets ß vasodilatateurs avec la vasoconstriciton hypoxique
(13). La stimulation des récepteurs a peut en outre inhiber
la neurotransmission au niveau des ganglions ou des terminaisons nerveuses
cholinergiques. Enfin le métabolisme intra pulmonaire prédominant
de l'adrénaline nébulisé devrait limiter son
passage systémique ce qui explique la bonne tolérance
de cette modalité d'amdinistration (14).
A côté de ces effets potentiellement bénéfiques,
on pourrait également penser que la stimulation des récepteurs
a des muscles bronchiques est en mesure de provoquer une bronchoconstriction
qui pourrait contrebalancer les effets bénéfiques liés
à son action vasculaire. En fait, le rôle très
faible des récepteurs alpha sur la bronchomotricité
fait que le risque de bronchoconstriction au cours de la crise d'asthme
est plus théorique que pratique.
Etudes
cliniques
Une
grande partie des publications cliniques disponibles concerne la population
pédiatrique et a en général utilisé la
voie parentérale.
Concernant l'adulte, l'adrénaline par voie sous-cutanée
a été dans quelques rares études comparé
aux ß2 agonistes (salbutamol, metaproterenol, terbutaline),
en nébulisation ou par voie sous-cutanée (15).
Globalement, l'efficacité semble similaire. Toutefois, l'interprétation
des résultats de ces études se heurte à des différences
méthodologiques qui concernent en particulier les doses administrées
(16-18).
Les effets indésirables cardiovasculaires liés à
l'usage systémique d'adrénaline, le développement
de ß2 agonistes sélectifs et la démonstration
de la plus grande efficacité de l'inhalation de ces derniers
avec des effets indésirables très réduits (en
comparaison à la voie systémique) expliquent la baisse
d'intérêt pour l'adrénaline.
Cependant le recours préférentiel à la voie inhalée
a permis une réévaluation de l'adrénaline nébulisé
en quête d'effets bronchodilatateurs additionnels liés
à ses propriétés sur les récepteurs a
vasculaires.
Cinq études conduites dans l'AAG ont évalué l'adrénaline
nébulisé dont deux ont été des études
ouvertes (19-20). La 1ère étude randomisée contôlée
(ERC) et en double aveugle a comparé l'adrénaline nébulisé
à son administration sous-cutanée chez 25 patients (21).
Cette étude a montré que chez les patients les plus
graves (DEP <25% de la valeur prédite), l'adrénaline
en sous-cutané était supérieure. Chez les patients
les moins sévères l'efficacité était comparable
mais avec une meilleure tolérance de la voie nébulisée.
La deuxième étude contrôlée comparant l'adrénaline
nébulisé (1 mg) avec le salbutamol nébulisé
(2.5mg) a montré chez 18 patients, une équivalence d'efficacité
et de tolérance avec une légère supériorité
de l'adrénaline en ce qui concerne l'effet sur la PaO2 (22)
. La 3ème étude et la dernière en date, comparant
l'adrénaline nébulisé (2 mg) avec le salbutamol
nébulisé (5 mg) est venue confirmer les résultats
de la précédente sans toutefois documenter un quelconque
effet supérieur sur la PaO2 (23). La puissance de cette étude
pour détecter une différence de PEF de 50 L/min, est
évaluée à 90%.
Il faut noter enfin que l'effet plus rapide et moins prolongé
de l'adrénaline par rapport au salbutamol par la voie nébulisée
impose des intervalles d'administration plus rapprochés 23;
et qu'au delà de la dose de 3 mg son absorption systémique
devient significative (24).
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de page
CONCLUSION
L'adrénaline
administré aussi bien en sous-cutané que nébulisé
est aussi efficace qu'un ß2 agoniste administré par voie
nébulisée (Grade B). L'adrénaline n'offre pas
d'avantage particulier par rapport aux ß2 agonistes nébulisés.
La voie sous-cutanée est intéressante chez les patients
incapables de coopérer.
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de page
REFERENCES
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Am Rev Respir Dis 1989; 139:732-9.
2-
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salbutamol. Am Rev Respir Dis 1990; 141:558-62.
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10-
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19-Salmeron
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dans l'asthme aigu grave. Rev Mal Resp 1989; 6, suppl.3, R 192.
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Robert R, Doré P, Malin F, Maurice JC, Gombert J. Patte D.
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dans l'asthme aigu grave. Réan Urg 1992; 1: 707-711.
21-Pliss
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23-
Abroug F, Nouira S, Bchir A, Boujdaria R, El Atrous S, Bouchoucha
S. A controlled trial of nebulized salbutamol and adrenaline in acute
severe asthma. Intensive care Med 1995; 21: 18-23.
24- El Atrous S, Elidrissi H, Trabelsi H, et al. Effet-dose de la
nébulisation d'adrénaline dans l'asthme: étude
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