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S.
LETEURTRE
SAMU 59 – SMUR
Pédiatrique
CHRU Lille
5, Avenue Oscar Lambret, 59037 Lille
Cedex
Tél
: 03 20 44 68 79
e-mail : s-leteurtre@chru_lille.fr
ACCES
DIRECT AUX CHAPITRES |
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AUTRES
TEXTES D'EXPERTS |
| ADULTE |
- A.
Tenaillon, Ph. Aegerter: Epidémiologie
de l'asthme aiguë grave.
- S.
Salmeron, ML. Robin, L. Kettaneh, FX. Blanc: Quelles
sont les modalités d'administration des
béta-2 agonistes dans la crise d'asthme aiguë
grave ? (Voie d’administration,
Posologie, Tolérance, Durée).
- P.
Plaisance, C. Soleil:
Quelles sont les indications et modalités d'administration
des thérapeutiques adjuvantes et alternatives suivantes
dans la dans crise d'asthme aiguë grave ?
- D.
Perrotin: Quelles sont
les indications et modalités d'administration en première
intention: des gluco-corticoïdes, du bromure d'ipratropiumdans
crise d'asthme aiguë grave ?
- F.
Feihl, MD. Schaller: Ventilation
mécanique des patients intubés pour une crise
d'asthme aiguë grave: modalités pratiques.
- JC.
Chevrolet: Emploi
de mélanges hélium-oxygène et des agents
volatils dans l'asthme aiguë grave.
- JM.
Berthezene: Existe-t-il
de nouveaux critères relatifs au terrain, à
l'anamnèse, aux données cliniques ou paracliniques
qui permettent d'évaluer ou de présager de la
gravité d'une crise d'asthme? Existe-t-il des scores
de gravité ou de suivi évolutif validés
dans la crise d'asthme aiguë grave ?
- F.
Adnet: quelles sont les
indications et les modalités de l'intubation trachéale
dans la crise d'asthme aiguë sévère en
phase pré-hospitalière et à l'hôpitald?
quelles
sont les modalités de la sédation préalable
lorsqu'elle est nécéssaire?
- F.
Abroug, S. Nouira: Quelles
sont les indications et modalités d'administration
en 1ère intention de l'oxygène et de l'adrénaline?
- PF.
Dequin: Quelles sont les
modalités de la nébulisation chez le patient
ventilé pour crise d'asthme aiguë grave?
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ENFANT |
- S.
Laberge:
Existe-t-il de nouveaux critères relatifs au terrain,
à l'anamnèse, aux données cliniques ou
paracliniques qui permettent d'évaluer ou de présager
de la gravité d'une crise d'asthme? Existe-t-il des
scores de gravité ou de suivi évolutif validés
dans la crise d'asthme aiguë grave ?
- A.
Labbe: Modalités
d'administration en première intention de l'oxygénothérapie,
des glucocorticoïdes, du bromure d'ipratropium, de l'adrénaline.
Quelles sont les indications et les modalités d'administration
des thérapeutiques adjuvantes et alternatives dans
la crise d'asthme aiguë grave?
- M.
Fayon, P. Hubert: Quelles
sont les indications et lesmodalités de l'intubation
dans la CAAG (Choix de l'intubation, la technique, le choix
desproduits pour une éventuelle induction ou sédation-analgésie
préalable). Quelles
sont les modalités de la ventilation (VC,
VNI, etc...) et quels sont les produits utilisables pour la
sédation continue de ces patients (sédatifs,
curarisation...) et ses complications (neuromyopathie de réanimation).
Quelle est la place actuelle des halogénés,
de l'héliox ? Modalités de la nébulisation
chez le patient ventilé (texte n°1)
- M.
Fayon, P. Hubert: Quelles
sont les indications et lesmodalités de l'intubation
dans la CAAG (Choix de l'intubation, la technique, le choix
desproduits pour une éventuelle induction ou sédation-analgésie
préalable). Quelles
sont les modalités de la ventilation (VC,
VNI, etc...) et quels sont les produits utilisables pour la
sédation continue de ces patients (sédatifs,
curarisation...) et ses complications (neuromyopathie de réanimation).
Quelle est la place actuelle des halogénés,
de l'héliox ? Modalités de la nébulisation
chez le patient ventilé (texte n°2)
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PRE-REQUIS
DE DEFINITION
Dans l’évaluation de
la gravité de la crise d’asthme, il existe un continuum
dans les notions de crise d’asthme légère, modérée,
sévère, asthme aigu grave et asthme avec mise en jeu
du pronostic vital. Le terme « asthme aigu » («
acute asthma » des anglo-saxons) ne fait pas référence
à un niveau de gravité donné mais caractérise
un mécanisme physiopathologique et s’oppose simplement
à l’« asthme chronique ». Dans l’asthme
aigu, les critères pour différencier les différents
niveaux de gravité ne sont pas homogènes dans les différents
études. Ainsi, la définition de l’asthme aigu
grave (« status asthmaticus » des anglo-saxons) diffère
selon les auteurs [1]. L’asthme aigu grave est défini
comme une insuffisance respiratoire progressive secondaire à
un asthme, pour lequel les moyens thérapeutiques conventionnels
sont insuffisants [2] ou pour lesquels les agents bronchodilatateurs
nébulisés sont inefficaces [1].
Dans
l’analyse des questions posées concernant les modalités
d’administration des ß2 mimétiques, la précision
des réponses sera donnée en tenant compte de cette échelle
de gravité.
Les
ß2 mimétiques communément utilisés dans
le traitement de l’asthme aigu sont l’épinéphrine
(=adrénaline), l’isoprotérénol (=isoprénaline),
la terbutaline et l’albutérol (=salbutamol). La terbutaline
et l’albutérol sont généralement préférés
de part leur sélectivité ß2.
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CHOIX
DE LA VOIE D'ADMINISTRATION
a)
Voie sous cutanée
Les injections sous-cutanées continues de salbutamol et les
injections discontinues de terbutaline ont été proposées
chez des enfants ne répondant pas aux ß2 mimétiques
inhalés sans qu’apparaissent d’effets systémiques
cardio-vasculaires [3, 4]. Les injections d’épinéphrine
sont compliqués d’effets systémiques cardio-vasculaires
pour certains auteurs [5, 6] mais sans effets systémiques pour
d’autres [4]. Les doses d’injections sous-cutanées
discontinues utilisées sont, pour la terbutaline et pour l’épinéphrine,
de 10 g/kg [4, 5]. Une auto-médication par injection sous-cutanée
de ß2 mimétiques reste préconisée chez
les enfants dont le début de la crise est très rapide
et/ou donc la coopération très difficile [5-8].
b) Nébulisation intermittente / inhalation
avec chambre
L’utilisation des béta 2 mimétiques avec nébulisation
versus chambre d’inhalation avec aérosols doseurs est
débattue dans la littérature de l’asthme aigu
[9, 10]. Les études comparant ces deux modes d’administration
incluent des enfants présentant un asthme modéré
ou sévère [9-16]. La revue, par le groupe Cochrane,
de 16 études incluant 686 enfants présentant un asthme
sévère montrait que le taux d’hospitalisation
ne différait pas entre les deux modes d’administration
mais que la durée d’hospitalisation était plus
courte et la tachycardie moins importante dans le groupe chambre d’inhalation
avec aérosol doseur [9]. Etaient exclus de cette revue du groupe
Cochrane, les études où 1) les patients avaient les
exacerbations asthmatiques les plus sévères (par exemple
les patients pour lesquels la ventilation mécanique était
envisagée) et 2) les patients déjà hospitalisés
[9]. Ainsi Mandelberg et al. étudiaient les exacerbations sifflantes
aiguës dans une étude randomisée en double aveugle
chez 42 enfants pour lesquels aucun degré de gravité
n’était un critère d’exclusion (à
l’exception des patients nécessitant une intubation d’emblée)
[17]. Treize des 42 patients (31%) étaient hospitalisés,
et il n’existait pas de différence entre les 2 groupes
(nébulisation/inhalation avec chambre) pour les fréquences
respiratoire et cardiaque, pour la saturation en oxygène, ou
pour le score clinique de Williams et al [17-18]. Pour Roberstson
et al., dans une étude multicentrique randomisée en
double aveugle chez 147 enfants, la nébulisation de ß2
mimétiques était plus efficace que la chambre d’inhalation
mais les doses administrées par chambre d’inhalation,
moindre selon les auteurs (rapport dose inhalée : dose nébulisée
égal à 1 : 4,2 seulement), expliqueraient en partie
cette discordance avec le reste de la littérature [15]. En
effet, les doses de ß2 mimétiques utilisées par
nébulisation doivent être plus importantes que les doses
utilisées par inhalation avec chambre de part la nébulisation
persistante pendant la phase expiratoire, et du dépôt
de drogues résiduelles restant dans le nébuliseur et
la tubulure [18-19]. Le rapport de doses entre inhalation et nébulisation
était même de 1 : 6,9 pour Williams et al. [18] et varie
cependant de 1 : 1 à 1 : 7 selon les études [11]. Le
choix de la chambre d’inhalation, électrostatique ou
non, la taille de la chambre, pourrait expliquer certaines différences
[17]. Le choix d’une chambre en métal (non électrostatique)
est préférable [17, 20] ; la taille de la chambre à
utiliser est débattue: petite pour certains [17,21] afin d’augmenter
la concentration de ß2 mimétiques, ou grande pour d’autres
[22] afin d’augmenter le dépôt pulmonaire de ß2
mimétiques.
L’ensemble des études permettent de proposer l’administration
des ß2 mimétiques par chambre d’inhalation avec
aérosols doseurs en première intention chez les enfants
présentant une crise d’asthme aiguë modérée
ou sévère, de part l’absence de supériorité
prouvée de la nébulisation pour des doses de ß2
mimétiques équivalentes (cependant aucun essai d’équivalence
de traitement n’a été effectué), le nombre
d’effets secondaires moindre avec l’utilisation de la
chambre d’inhalation, la durée du traitement plus courte
et des avantages économiques [8,21]. L’administration
de doses uniques répétées de ß2 mimétiques
en bouffées unique répétées (100 µg),
toutes les 30 à 60 secondes, est préférable plutôt
que plusieurs bouffées en même temps [20]. Cependant
la coopération et la coordination de l’enfant sont nécessaires
(même avec l’utilisation d’un masque facial), ce
qui peut être un obstacle à l’utilisation de la
chambre d’inhalation. La dose habituellement recommandée
pour la nébulisation de salbutamol est de 0,05 à 0,15
mg/kg [8,18]. Cependant, les doses de 2,5 mg pour les enfants de moins
de 20 kg et 5 mg pour les enfants de plus de 20 kg sont communément
utilisées [8].
Autres ß mimétiques
nébulisés
Plusieurs études chez l’adulte ont montré l’efficacité
des aérosols d’adrénaline sans les effets secondaires
de l’adrénaline intraveineuse [23]. Une étude
randomisée en double aveugle, comparant adrénaline et
salbutamol par nébulisation, chez 130 enfants présentant
un asthme léger et modéré ne montrait pas d’efficacité
supérieure de l’adrénaline mais plus d’effets
secondaires mineurs [24]. L’isoprénaline était
initialement utilisée en perfusion continue dans le traitement
de la crise d’asthme sévère. Les données
des études actuelles [25] ne permettent pas de proposer l’utilisation
de la nébulisation d’isoprénaline chez l’enfant.
c)
Nébulisation intermittente répétée/ continue
Dans l’asthme aigu grave, (asthme résistant aux traitements
habituels par définition) donc résistant aux premières
étapes thérapeutiques que peuvent représenter
l’administration des ß2 mimétiques avec chambre
d’inhalation ou par nébulisation non ou peu réitérée,
la voie d’administration la plus communément utilisée
est la nébulisation [1,8,26]. Cette technique est facile à
mettre en œuvre en cas de crise aiguë car elle ne nécessite
pas le participation active du sujet. L’utilisation d’oxygène
à un débit d’au moins 6 L·min-1 diminue
le risque de désaturation par effet shunt ou réaction
paradoxale [20]. Le choix de la nébulisation intermittente
répétée ou continue à fait l’objet
de plusieurs études pédiatriques [27-29]. Papo et al.
dans une étude pédiatrique randomisée chez 17
enfants, ont montré que la nébulisation continue d’albutérol
(dose 0,3 mg/kg.h, maximum 10 mg/h) était plus efficace que
la nébulisation intermittente (0,3 mg/kg sur 20 minutes chaque
heure) [29]. La plupart des études utilisaient des faibles
doses d’albuterol en nébulisation continue (4 à
10 mg/h) [27,29] mais certains auteurs ont proposé des doses
plus élevées d’albutérol non dilué
(150 mg/h avec un débit d’oxygène de nébulisation
de 10 à 12 litres/min) [30]. Werner proposait l’utilisation
de doses d’albutérol de 40 à 80 mg/h dans l’asthme
aigu grave de l’enfant [1]. Actuellement, la nébulisation
continue est proposée en cas d’obstruction persistante
malgré les nébulisations intermittentes [1,8]. En pratique,
le bronchodilatateur est placé dans une seringue électrique
dont le débit initial est réglé à 20 ml/h,
puis ce débit est ajusté pour conserver 1 à 2
ml de soluté dans le nébulisateur [20]. Un débit
d’oxygène d’au moins 6 L/min doit être administré
afin que des particules de 1 à 3 µm de diamètre
puissent se déposer au niveau alvéolaire [1]. La tolérance
de l’administration par nébulisation continue de 10 mg/h
d’albutérol étaient bonne, notamment dans l’étude
de Craig et al., chez 70 enfants traités pour un asthme aigu
grave avec une élévation des CPK asymptomatique et réversible
chez trois enfants [27,29]. Une surveillance clinique et biologique
(tremblements, tachycardie, arythmies, CPK, glycémie, kaliémie
et magnésémie) est nécessaire durant l’administration
de ß2 mimétiques par nébulisation continue [1,31].
d)
Nébulisation / administration intraveineuse des B2 mimétiques
Les ß2 mimétiques intraveineux sont indiqués lorsque
les nébulisations continues de ß2 mimétiques sont
inefficaces [1,20]. En effet, la diminution du volume courant et/ou
l’obstruction aérienne complète dans l’asthme
aigu grave peuvent diminuer la délivrance des ß2 mimétiques
dans les zones les plus affectées [1]. Les posologies de terbutaline
(utilisée principalement aux Etats-Unis [8]) sont de 0,1 à
4 µg/kg.min [8,32]. Les posologies de salbutamol utilisées
sont de 0,5 à 5 µg/kg.min [20]. L’augmentation
des doses est progressive par palier de 0,2 µg/kg.min jusqu’à
la levée du bronchospasme [8]. L’adjonction des deux
formes, nébulisée et intraveineuse peut-être bénéfique.
Ainsi, Browne et al. dans un essai contrôlé, randomisé
chez 29 enfants ayant un asthme sévère et traités
par ß2 mimétiques inhalés, ont montré que
l’administration précose de 15 µg/kg de salbutamol
intraveineux écourtait la durée d’hospitalisation
et diminuait le besoin de salbutamol inhalé [33].
En dehors de la tachycardie et de l’hypotension artérielle
diastolique [32], ni l’albutérol ni la terbutaline intraveineux
n’ont occasionnés d’effets cliniques cardiaques
toxiques significatifs dans l’asthme aigu grave de l’enfant
[32, 33]. Les tremblements seraient plus importants avec le salbutamol
intraveineux [33]. Maguire et al. observaient significativement plus
d’ischiémie myocardique chez les 6 enfants traités
par isoproterenol intraveineux [34]. La tolérance biologique
(glycémie et kaliémie) était identique dans les
groupes (ß2 mimétiques inhalés versus ß2
mimétiques inhalés plus intraveineux) [33]. Il n’existait
pas d’augmentation du taux de la troponine T cardiaque liée
à une toxicité cardiaque significative chez 29 patients
traité par ß2 mimétiques intraveineux [35]. Les
critères de surveillance cliniques et biologiques sont les
mêmes que lors des nébulisations continues.
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REFERENCES
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