Société de Réanimation de Langue Française

Désomorphine

Mis à jour le 10/11/2011

Alerte à propos d’un opioïde dangereux bientôt en France

La désomorphine a été synthétisée aux USA en 1932 par des chercheurs en quête d’un opioïde mieux toléré que la morphine. La désomorphine est obtenue à partir de la codéine, qui est transformée en alpha-chlorocodide après réaction avec le chlorure de thionyle. Cette molécule est alors réduite en désocodéine qui perd à son tour son groupe méthoxybenzène pour donner la désomorphine (Figure). La désomorphine semblait une molécule intéressante car pouvant induire moins de nausées et de dépression respiratoire qu’une dose équivalente de morphine. Mais elle était à l’origine d’une dépendance bien plus forte. Elle n’a donc pas été développée en thérapeutique.





Néanmoins, à partir de 2002, sa consommation s’est répandue en Russie chez les toxicomanes. Fabriquée à partir de codéine achetée en pharmacie sans ordonnance, elle était dès lors bien moins chère que l’héroïne à quelques euros la dose, soit 20 fois moins que pour l’héroïne. Selon les estimations actuelles, environ 100 000 jeunes au moins en sont dépendants en Russie. Environ 1 million de personnes au moins sont également concernées dans le monde, avec un taux de mortalité alarmant. Depuis 2010, la désomorphine était entrée en Allemagne et récemment identifiée dans le nord de la France.
Le problème est lié à sa production artisanale à partir de codéine pharmaceutique, d’iode, de solvant et de phosphore rouge (contenu dans la partie rouge des allumettes), laissant alors de nombreux sous-produits acides et corrosifs qui peuvent alors endommager les tissus situés à l'endroit des injections, leur donnant un aspect verdâtre rugueux semblable à celui des écailles de la peau d'un crocodile (d’où son nom « krokodil ») et conduire à la formation d’abcès cutanés, de thrombophlébites extensives, de gangrène nécrosante et même de destruction osseuse, rendant nécessaire une amputation du membre. Le potentiel nécrosant des tissus de la désomorphine est tellement puissant que les utilisateurs sont dits avoir une espérance de vie inférieure à 3 ans. De plus, son potentiel addictif très puisant en raison d’effets de très courte durée (environ 90 min) peut amener certains utilisateurs à s'injecter le mélange toutes les heures.

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