Le conseil dadministration de la SRLF a pris position, lors de sa réunion le 18 novembre 2003, sur les suites du décès de Vincent Humbert. Il a adopté, à lunanimité moins une abstention, un communiqué conjointement avec le bureau élargi de la SFAP. Ce communiqué figure ci-dessous.
Le conseil dadministration ninterviendra plus dans cette affaire dans létat actuel des choses.
Le forum reste bien entendu ouvert au débat engagé pour recueillir les opinions et réflexions des uns et des autres.
La SRLF participera pleinement pour sa part au débat général sur la fin de vie en ce qui concerne son domaine de compétence sur la base de ses recommandations de juin 2002.
Jean-Michel Boles
Président de la SRLF
Le 19 Novembre 2003
Communiqué de la SRLF et de la SFAP
Suite aux nouveaux éléments portés à la connaissance du public concernant les circonstances du décès de Vincent Humbert, la SRLF et la SFAP ont décidé délaborer un nouveau communiqué commun :
1) La SRLF et la SFAP tiennent tout dabord à souligner la singularité et le caractère exceptionnel de cette affaire qui sont liés :
- à la médiatisation de la volonté exprimée de façon réitérée par Vincent Humbert de mourir
- et aux conséquences du geste de sa mère annoncé publiquement à lavance.
La SRLF et la SFAP tiennent également à en souligner le caractère particulièrement douloureux sur le plan humain pour tous les acteurs concernés.
2) La SRLF et la SFAP rappellent quelles ont déjà pris position sur le fond par un communiqué signé conjointement, le 1er octobre 2003.
3) La SRLF rappelle quelle a adopté des « Recommandations sur les limitations et arrêts de thérapeutiques actives en réanimation adulte », qui sont accessibles sur son site Web : http://www.srlf.org/download/recom.LATA.pdf
Ces recommandations définissent les circonstances dans lesquelles elles peuvent sappliquer, une procédure détaillée pour la prise de telles décisions et des modalités précises dapplication. Ces dernières reposent sur une réorientation des soins vers une prise en charge palliative. Elles excluent linjection de curares ou de chlorure de potassium.
4) Dans la mesure où une instruction judiciaire est actuellement en cours, la SRLF et la SFAP estiment quelles nont pas à intervenir afin de ne pas gêner le travail de la justice. La SRLF se conforme ainsi à une attitude quelle a déjà adoptée lors dune précédente affaire.
5) Toutefois, la SRLF et la SFAP demandent instamment que soient pris en compte le caractère exceptionnel, le contexte dramatique de la situation et la pression médiatique auxquels sest trouvé brutalement confronté le Dr Frédéric Chaussoy, chef du service de Réanimation du Centre Hélio-marin Hopale de Berck.
La SRLF ne comprendrait pas que celui-ci subisse les conséquences judiciaires dune attitude médicale humaine dans une situation de crise aussi particulière.
6) La SRLF tient à souligner à nouveau que cette affaire se situe hors du cadre habituel des problèmes de fin de vie auxquels sont confrontés les médecins réanimateurs dans leur pratique quotidienne. Ceux-ci relèvent de situations médicalement sans issue possible. Toute réflexion sur une éventuelle évolution réglementaire, voire législative, devra en tenir compte.
18 novembre 2003