Etudier les conditions d’arrêt des ECMO conduisant au décès chez des patients en choc cardiogénique réfractaire (en dehors des ACR) et contre-indiqués à la greffe ou à la mise en place d’une assistance plus lourde.
Un questionnaire a été adressé par courrier électronique à 15 services de réanimation prenant en charge des patients sous ECMO. Il comprenait : 1) des informations concernant la pratique de l’ECMO : nombre de patients sous ECMO pour choc cardiogénique depuis deux ans, et, parmi ceux-ci : nombre de patients non sevrables et contre-indiqués pour une greffe ou assistance plus lourde, nombre de patients décédés par arrêt de la machine ; 2) motifs médicaux et non médicaux de l’arrêt de l’ECMO ; 3) conditions de la décision et de l’arrêt.
9 centres ont totalement répondu au questionnaire. Parmi les 306 patients mis sous ECMO pour choc cardiogénique réfractaire, 50% ont pu être sevrés avec succès, 21% ont bénéficié d’une greffe ou d’une assistance plus lourde, 29% sont décédés sous ECMO, à la suite d’un arrêt de la machine pour 74% d’entre eux (de 40 à 100% des décès sous ECMO selon les centres). L’arrêt de la machine a été décidée pour MOF (70% des cas) ou pour atteinte neurologique seule (20% des cas). Un dixième centre (100 ECMO pour choc cardiogénique en deux ans) a répondu aux questions concernant les conditions d’arrêt. L’âge n’a jamais été un facteur d’arrêt pour 6/10 centres, 2 patients ont refusé une escalade thérapeutique dans un centre. Une réunion médico-chirurgicale a toujours été faite dans 5/10 centres. Une réunion a toujours été faite avec les infirmières dans 4/10 centres et toujours avec la famille dans 7/10 centres. Les termes de la discussion ont toujours reportés dans le dossier dans 9/10 centres. La famille a toujours été prévenue de la date et l’heure de l’ablation de la machine dans 7/10 cantres. La machine a toujours été ôtée en présence des infirmières dans 4/10 centres mais jamais en présence de la famille dans 6/10 centres (dans un centre, la famille était toujours présente).
Cette enquête a montré : 1) qu’un grand nombre de patients sous ECMO non sevrables et contre-indiqués pour une greffe ou assistance plus lourde sont décédés par arrêt de la machine ; 2) que les conditions d’arrêt variaient d’un centre à l’autre.
Les conditions d’arrêt de la machine d’ECMO doivent encore être étudiées afin d’améliorer ces pratiques souvent perçues comme anxiogènes par les équipes soignantes et les familles [1,2].