Une des missions de l’infirmier coordinateur des prélèvements d’organes est le recensement des sujets de réanimation en mort encéphalique (ME) potentiellement donneurs d’organes. Dans le cadre d’une démarche qualité, l’optimisation de ce recensement est nécessaire. C’est le but du programme Donor Action, outil international d’assurance qualité et d’évaluation continue. Ce programme réalise une Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP). L’objectif final étant d’augmenter le nombre de prélèvement multi-organes (PMO).
Les dossiers des patients décédés de janvier à décembre 2008 dans le service de réanimation polyvalente de 26 lits d’un Centre Hospitalier Général (CHG) autorisé à prélever ont été analysés. 12 PMO ont été réalisés. Les 6 patients transférés au CHG par les hôpitaux non préleveurs du réseau ont été exclus de l’analyse.
1074 patients ont été admis en réanimation en 2008. Les dossiers des 197 patients décédés (18%) ont été analysés.Parmi les patients ne présentant pas à l’admission de contre-indication absolue au prélèvement, 53 patients avaient une étiologie compatible avec un passage en mort encéphalique (25 arrêts cardiaques, 14 accidents vasculaires cérébraux hémorragiques (AVCH), 3 accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVCI), 5 traumatismes crâniens, 2 anoxies cérébrales, et 4 autres).Le diagnostic de mort encéphalique a été porté dans 20 cas soit 10% des décès.Les étiologies étaient : 11 AVCH, 3 arrêts cardiaques, 3 traumatismes crâniens, 1 AVCI, 1 anoxie sur intoxication médicamenteuse.Dans 2 cas il n’y a pas eu de signalement à l’infirmier de la Coordination Hospitalière, l’un pour cause d’échec rapide de réanimation, l’autre par auto censure du réanimateur (sujet jugé non prélevable médicalement : donneur limite).Chez 6 de ces patients décédés en ME, la procédure de prélèvement a été interrompue avant le recueil du consentement auprès des proches, du fait de 4 échecs de la réanimation et de 2 découvertes de contre-indications médicales non connues à l’admission.Pour les 12 sujets restants, un entretien a eu lieu avec le médecin réanimateur et l’infirmier coordinateur des prélèvements. 4 oppositions ont été recueillies auprès des proches. Dans 8 cas la procédure de prélèvement a pu être poursuivie avec le recueil de la non opposition. Mais pour 2 sujets, lors de l’évaluation des organes, la découverte de lésions évoquant un processus néoplasique arrêtera la démarche. Au total, sur les 20 donneurs potentiels, seuls 6 prélèvements seront réalisés.
Cette analyse systématique a permis d’identifier un défaut de signalement, ce qui représente la perte d’un donneur potentiel. Ceci permettra, en termes d’action correctrice, de renforcer notre information aux équipes de réanimation sur la sélection des donneurs, en particulier pour les donneurs « limite ».
Véritable EPP, le programme Donor Action, en signalant les dysfonctionnements dans l’identification et la prise ne charge de donneurs potentiels d'organes en mort encéphalique, permet de déterminer les actions nécessaires à l’amélioration continue de la qualité.