Une majeure partie des soins, en réanimation, induisent une douleur chez nos patients. Un audit réalisé en 2008, et présenté à la SRLF, montrait que 40% des patients seulement étaient évalués, et de manière non systématique, pour la douleur. Nous avons mesuré l’impact des mesures d’amélioration mises en place un an plus tard.
Audit ciblé sur 30 dossiers, sélectionnés de manière aléatoire, sur une période de 3 mois. Le questionnaire utilisé est le même que celui de 2008, inspiré par l’audit sur la douleur post-opératoire (HAS). Nous avons étudié les méthodes d’évaluation de la douleur et leur corrélation avec les prescriptions médicales d’antalgiques.
Notre audit révèle une amélioration significative de prise en charge de la douleur en réanimation. Des protocoles, validés par l’ensemble de l’équipe, ont été mis en place tant pour la prise en charge de la douleur que pour l’analgésie-sédation. 94% des patients, au lieu de 40% en 2008, sont maintenant évalués systématiquement pour la douleur (p<0.001). La douleur est mesurée au repos et lors des soins dans 67% à 70%des cas au lieu de 30% auparavant (p< 0.001) ). La prescription des antalgiques est conforme aux règles de prescription dans 84% des dossiers (p = 0.002) et leur administration dans 96% des cas (p< 0.001). La surveillance des effets indésirables est transcrite dans les dossiers dans 72% des cas alors qu'elle n'était jamais notée l'année précédente (p<0.001).
Notre démarche d’évaluation des pratiques professionnelles a abouti à une meilleure prise en charge de la douleur dans notre service. Des progrès doivent encore être faits mais la prise de conscience engendrée par l’audit est un vecteur positif. La mise en place d’une nouvelle feuille de surveillance journalière, avec une macro-cible douleur, et de protocoles thérapeutiques validés par l’ensemble de l’équipe, sont des outils indispensables. Sur le plan médical, l’individualisation d’une cible « analgésie-sédation » sur la feuille de prescription nous semble un facteur contributif de meilleure prise en charge de la douleur.
La démarche d’EPP (audit clinique ciblé) impacte positivement la prise en charge de la douleur chez nos patients. Bien que lourde de réalisation, cette démarche devrait être généralisée à la plupart de nos soins avec comme objectif essentiel l’amélioration de la qualité des soins prodigués aux patients.