V. Wenzel, AC. Krismer, R. Arntz, H. Sitter, KH. Stadlbauer, KH. Linder. A Comparison of Vasopressin and Epinephrine for Out-of-Hospital Cardiopulmonary Resuscitation. N Engl J Med 2004 ; 350 : 105-13
La vasopressine est une alternative à l’adrénaline dans la prise en charge de l’arrêt cardio-respiratoire (ACR) (Elle n’a pas actuellement l’AMM en France dans cette indication). Les études cliniques comparant les deux molécules sont peu nombreuses. Cette étude prospective, multicentrique, randomisée, en double aveugle compare le devenir de patients victimes d’un ACR extrahospitalier selon qu’ils reçoivent deux injections de 40 U de vasopressine à 3 minutes d’intervalle versus deux injections d’un mg d’adrénaline à 3 minutes d’intervalle (en l’absence de reprise d’une activité cardiaque, les patients bénéficient dans les deux groupes d’injections répétées d’adrénaline, à discrétion du médecin réanimateur). Les objectifs sont d’évaluer le taux de survie des malades à l’admission et à la sortie de l’hôpital dans chacun des deux groupes et selon le type d’ACR [fibrillation ventriculaire (FV), activité électrique sans pouls (AESP), asystolie].
L’étude a porté sur 1186 patients. Tous types d’ACR confondus, il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes, à l’admission (p=0,06) et à la sortie de l’hôpital (p=0,99). L’analyse par type d’ACR ne montre pas de différence selon le produit injecté sauf pour les malades en asystolie chez qui l’usage de vasopressine est associé à un taux de survie plus élevé à l’admission (29% vs 20,3% ; p=0,02) et à la sortie de l’hôpital (4,7% vs 1,5% ; p= 0,04).
L’étude du sous groupe de 732 malades ayant reçu les drogue de l’étude et des injections complémentaires d’adrénaline, montre un taux de survie supérieur à l’admission (25,7% vs 16,4% ; p=0,002) et à la sortie (6,2% vs 1,7% ; p=0,002) dans le groupe vasopressine par rapport au groupe adrénaline.
Les auteurs concluent que la vasopressine est plus efficace que l’adrénaline dans le traitement de l’asystolie, contrairement à la FV et l’AESP où les effets des deux drogues sont similaires et que l’association vasopressine et adrénaline semble plus efficace que l’adrénaline seule dans le traitement de l’arrêt cardiaque. Malheureusement, ce constat ne s’accompagne pas d’une amélioration des performances cérébrales des malades à la sortie de l’hôpital.
J. Jenvrin et la CMU
Impression