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Janvier 2003 : NEUROMYOPATHIES ACQUISES EN REANIMATION : UNE ETUDE PROSPECTIVE MULTICENTRIQUE



Juillet 2004 - Comparaison vasopressine versus adrénaline dans la réanimation de l’arrêt cardio-respiratoire en extra-hospitalier
Mai 2004-Tendance séculaire des taux d’infections nosocomiales et de la mortalité associée à l’utilisation de la ventilation non invasive chez des malades admis en réanimation pour exacerbation de BPCO ou OAP sévère.
Mars 2004 :"Triggering receptor expressed on myeloid cells" solubles et diagnostic de pneumopathie.
Janvier 2004 : Etude multicentrique randomisée des conséquences de la mise en place d’un catheter artériel pulmonaire pour la prise en charge des patients en état de choc et/ou d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë
L’ABC (Annane, Bellissant, Cavaillon) du Choc Septique, publié en janvier 2005 dans Le Lancet. Commentaire de D Annane.
Novembre 2003 : Facteurs de risques cardio-vasculaires et incidence de la maladie thromboembolique veineuse. Une étude longitudinale de l’étiologie de la pathologie thromboembolique
Octobre 2003 : Evaluation de l’intérêt de la fibrinolyse dans le traitement de l’embolie pulmonaire (EP) sévère, sans altération de l’état hémodynamique
Octobre 2003 : Place de l’angioscanner spiralé dans l’embolie pulmonaire
Septembre 2003 : Hémorragies digestives de stress cliniquement significatives
Décubitus ventral au cours du SDRA par C. Guérin, JAMA 2004

B. De Jonghe, T. Sharshar, JP. Lefaucheur, FJ. Authier, I. Durand-Zaleski, M. Boussarsar, C. Cerf, E. Renaud, F. Mesrati, J. Carlet, JC. Raphaël, H. Outin, S. Bastuji-Garin. Paresis acquired in the intensive care unit : a prospective multicenter study.

Service de Réanimation Medicale, Centre Hospitalier de Poissy-Saint-Germain en Laye, 10 rue du Champ-Gaillard, 78300 Poissy

JAMA 2002, 288:2859-2867

L’incidence et les facteurs de risque des anomalies neuromusculaires acquises au cours du séjour en réanimation ont été essentiellement évalués à partir d’explorations électrophysiologiques ou histologiques. En revanche, la fréquence clinique de ces anomalies restait mal connue. Dans cette étude prospective conduite dans 5 services de réanimation d’Île de France, nous avons cherché à définir l’incidence des déficits moteurs chez les patients ayant nécessité plus de 7 jours de ventilation mécanique (VM), et ayant retrouvé une conscience normale. C’est en effet à ce moment qu’est envisagé le retour progressif à une autonomie motrice et respiratoire. Les patients ne devaient pas présenter d’anomalies neuromusculaires au moment de l’arrivée en réanimation.

En pratique, sept jours après le réveil (évalué quotidiennement après une semaine de ventilation en fonction de la réponse du patient à 5 ordres simples), la force musculaire des membres était mesurée à l’aide du score MRC, permettant une évaluation rapide et reproductible (fonction musculaire normale : 60 ; tétraplégie complète : 0). Par définition, les patients avec un MRC < 48 étaient considérés comme ayant une ICU-acquired paresis (ICUAP), les autres étant les contrôles.

Pendant la période d’étude, 95 patients ont retrouvé un état de conscience satisfaisant après plus d’une semaine de ventilation. Le principal résultat de l’étude est que 24 de ces patients, soit un quart, présentaient une ICUAP. Le déficit moteur était symétrique et prédominait clairement sur les segments proximaux des membres. La durée de VM après le réveil était significativement prolongée de 10 jours chez les ICUAP ( 18 jours, vs 8 jours chez les contrôles). L’exploration électrophysiologique réalisée chez tous les patients atteints d’ICUAP a montré une axonopathie sensitivo-motrice. La biopsie musculaire, pratiquée chez les patients dont le déficit moteur se prolongeait plus de 14 jours après le réveil, a montré une atrophie musculaire neurogène associée à une myopathie spécifique avec perte des filaments épais de myosine. Ceci suggère que l’atteinte du nerf périphérique et celle du muscle coexistent dans cette pathologie.

Plusieurs facteurs de risque potentiels (démographiques, métaboliques, liés aux défaillances d’organes et à l’administration de substances médicamenteuses), recueillis entre l’admission en réanimation et le jour du réveil, ont été étudiés dans une analyse uni- puis multi-variée par régression logistique. Quatre facteurs se sont avérés être associés, indépendamment les uns des autres, avec la survenue d’une ICUAP. Deux de ces facteurs reflètent la gravité et surtout la durée de la prise en charge de la pathologie initiale : le nombre de jours avec 2 défaillances d’organe ou plus, et la durée de VM avant le réveil. Le troisième facteur est le sexe féminin, sans qu’une explication claire ne puisse être avancée. Enfin, le quatrième facteur est l’administration de corticostéroïdes (CS) avant le réveil, qui s’est avérée être le facteur de risque assorti de l’odds ratio le plus élevé (14,9 ; IC 95% 3,2-69,8). La survenue d’une ICUAP n’était pas associée avec la pathologie ayant motivé l’administration de CS (choc septique et BPCO essentiellement dans cette étude), ni avec la durée d’administration ou la dose cumulée de CS. Une hypothèse serait que les CS pourraient agir comme un élément déclenchant de l’atteinte du système neuromusculaire, préalablement ou concomitamment fragilisé par les autres facteurs ci-dessus.

Parmi les éléments auxquels une réponse n’a pu être apportée dans ce travail, il faut noter le rôle éventuel des hormones sexuelles dans l’altération de la fonction neuromusculaire et la responsabilité de l’atteinte neuromusculaire dans la prolongation de la ventilation mécanique chez les patients atteints d’ICUAP.

Bernard De Jonghe

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