Oncologie et hématologie en Réanimation
(Dr Didier GRUSON)

Pronostic

  • Les auteurs ont rétrospectivement analysé les facteurs prédictifs de mortalité de 124 patients avec hémopathies admis en réanimation (sur 3,5 ans). La défaillance respiratoire aigue (48%), le sepsis (18.5%), et la défaillance neurologique (17%) étaient les raisons principales d’admission en réanimation. Le taux de mortalité en réanimation, à l’hôpital, et à 6-mois étaient respectivement de 42%, 54%, et 66%. En analyse multivariée, quatre variables collectées à l’admission étaient associées à la mortalité : leucopénie (odds ratio, 2.9; 95% confidence interval, 1.1-7.7), recours aux vasopresseurs (odds ratio, 3.74; 95% confidence interval, 1.4-9.8), et urée sanguine >0.75 g/L (>12 mmol/L) (odds ratio, 9.4; 95% confidence interval, 4.2-26), tandis qu’une récente bactériémie (odds ratio, 0.17; 95% confidence interval, 0.05-0.58) était associée avec un meilleur pronostic.
    Utilisant trois variables, les auteurs ont défini trois sous-groupes de patients : un groupe à faible risque (bas taux d’urée sanguine avec ou sans soit leucopénie soit vasopresseurs, n=60), un groupe à risque intermédiaire (fort taux d’urée ou une association de leucopénie + vasopresseurs, n=34), et un groupe à haut risque (fort taux d’urée et soit leucopénie, soit vasopresseur, n=27). La probabilité de survie à 30j et à 6 mois étaient de 75% et 55% dans le 1er groupe, 35% et 21% dans le 2è groupe, et 4% et 0%, respectivement, dans le 3ème groupe ( <.001).

    Outcome and early prognostic indicators in patients with a hematologic malignancy admitted to the intensive care unit for a life-threatening complication.
    Benoit DD, Vandewoude KH, Decruyenaere JM, Hoste EA, Colardyn FA.

    Crit Care Med 2003 Jan;31(1):104-12

  • Les auteurs ont analysés rétrospectivement (sur 2 ans) les facteurs présents dès l’admission, prédictifs de mortalité en réanimation (4 réanimations), parmi 189 patients avec cancer. Les raisons d’admission en réanimation étaient : pneumonie (29.6%), sepsis (27.0%), infection fongique (11.1%), autre infection (9.5%), urgence gastrointestinale (16.9%), toxicité liée au traitement (6.9%), or autre, complications non-infectieuses (43.9%). Un recours aux traitements vasopresseurs existait dans 50,3%, à la ventilation mécanique dans 50%, à la dialyse-hémofiltration dans 26,5% des cas. Le taux de mortalité en réanimation était de 41%. Sepsis, ventilation mécanique, support vasopresseur, dialyse ou hémofiltration et la présence d’une neutropénie étaient des facteurs independants associés à la mortalité.
    Outcome analysis of 189 consecutive cancer patients referred to the intensive care unit as emergencies during a 2-year period.

    Outcome analysis of 189 consecutive cancer patients referred to the intensive care unit as emergencies during a 2-year period.
    Maschmeyer G, Bertschat FL, Moesta KT, Hausler E, Held TK, Nolte M, Osterziel KJ, Papstein V, Peters M, Reich G, Schmutzler M, Sezer O, Stula M, Wauer H, Wortz T, Wischnewsky M, Hohenberger P.
    Eur J Cancer 2003 Apr;39(6):783-92

  • Les auteurs ont rétrospectivement analysé la survie de 62 patients neutropéniques fébriles en SIRS (79 épisodes de SIRS).
    La mortalité globale était de 20.2% (16/79). La mortalité et la progression vers le choc septique étaient prédictive selon de stade du SIRS à l’admission en réanimation.

    Neutropenia and the development of the systemic inflammatory response syndrome.
    Regazzoni CJ, Khoury M, Irrazabal C, Myburg C, Galvalisi NR, O'Flaherty M, Sarquis SG, Poderoso JJ.
    Intensive Care Med 2003 Jan;29(1):135-8
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  • Les auteurs ont analysé rétrospectivement les facteurs associés à la mortalité de 104 patients avec hémopathie maligne. Le taux global de mortalité en réanimation était de 44%, avec une surmortalité significative parmi les patients ventilés : 74% vs. 12%, p<0.001). La mortalité globale à 6 mois et à 1 an étaient de : 33% et 29%, respectivement. La ventilation mécanique et le SAPS II sont les deux seuls facteurs indépendants associés avec la mortalité à long terme, tandis que le taux de CRP est associé à la mortalité en réanimation.

    Outcome and prognostic features of intensive care unit treatment in patients with hematological malignancies.
    Kroschinsky F, Weise M, Illmer T, Haenel M, Bornhaeuser M, Hoeffken G, Ehninger G, Schuler U.
    Intensive Care Med 2002 Sep;28(9):1294-300
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  • Les auteurs ont rétrospectivement (sur 10 ans) identifiés des facteurs associés à la mortalité à 1 mois, notamment la sortie d’aplasie parmi des 102 patients neutropéniques admis en réanimation. En analyse multivariée, le taux de mortalité à 1 mois étiat significativement plus élevé en cas d’ insuffisance respiratoire et rénale aigues, de coma et plus bas en cas de sortie d’aplasie (OR, 0.09 [0.01-0.86]).

    Impact of neutropenia duration on short-term mortality in neutropenic critically ill cancer patients.
    Darmon M, Azoulay E, Alberti C, Fieux F, Moreau D, Gall JR, Schlemmer B.
    Intensive Care Med 2002 Dec;28(12):1775-80
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  • Les auteurs ont rétrospectivement comparé (sur 4 ans) le taux de mortalité de 57 patients greffés selon la présence ou non d’une insuffisance rénale aigue (42 vs 15 patients). Les auteurs confrment que l’insuffisance rénale aigue est multifactorielle et que sa présence aggrave le pronostic en réanimation des patients greffés de moelle.

    Acute renal failure in bone marrow transplant patients admitted to the intensive care unit.
    Letourneau I, Dorval M, Belanger R, Legare M, Fortier L, Leblanc M.
    Nephron 2002 Apr;90(4):408-12
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  • Les auteurs ont analysé sur une période de 10 ans les facteurs pronostiques chez 84 patients avec hémopathie maligne admis en réanimation. Le pronostic de l’hémopathie maligne fut défini comme bon, intermédiaire, et pauvre en fonction d’un taux de survie à 3 ans estimé à >50%, 20-50%, or <20%, respectivement.
    Le pronostic de la maladie n’était ni prédictif de la mortalité en réanimation ni de la mortalité hospitalière. Mais il semble corrélé avec la mortalité à long terme : p =0,008. En analyse multivariée, l’infection fongiqueet l’insuffisance respiratoire aigue sont corrélées avec la mortalité en réanimation. L’infection fongique, le nombre de défaillances d’organes, le statut de greffe de moelle sont corrélés avec la mortalité hospitalière. L’APACHE II et le SAPS II ne sont pas prédictifs de décès. La différence du score de défaillance d’organes entre l’admission et J5 est prédictive de la mortalité hospitalière.

    Prognosis of hematologic malignancies does not predict intensive care unit mortality.
    Massion PB, Dive AM, Doyen C, Bulpa P, Jamart J, Bosly A, Installe E.
    Crit Care Med 2002 Oct;30(10):2260-70

  • Les auteurs ont rétrospectivement déterminé le taux de mortalité à J30 de 237 patients ventilés atteints de cancer admis en réanimation. 132 patients admis entre 1990 et 1995 furent comparés à 105 patients admis entre 1996 et 1998. 18% des patients étaient greffés, 38% étaient neutropéniques. La ventilation mécanique était utilisée en premier dans 80% des cas, tandis que la VNI était utilisée dans 20%. Le taux de mortalité global était de 72,5%. L’analyse multivariée a retrouvé comme facteur protecteur : l’admission entre 1996 et 1998 (odds ratio [OR], 0.24; 95% confidence interval [CI], 0.12-0.50), la VNI (OR, 0.34; 95% CI, 0.16-0.73), tandis que le SAPS II est associé à la mortalité (OR, 1.04 per point; 95% CI, 1.02-1.06). Après une étude cas – témoins de la sous population ayant eu ou non de la VNI (48 patients), les auteurs concluent que la VNI est un facteur protecteur (OR, 0.31; 95% CI, 0.12-0.82).

    Improved survival in cancer patients requiring mechanical ventilatory support: impact of noninvasive mechanical ventilatory support.
    Azoulay E, Alberti C, Bornstain C, Leleu G, Moreau D, Recher C, Chevret S, Le Gall JR, Brochard L, Schlemmer B.
    Crit Care Med 2001 Mar;29(3):519-25

  • Les auteurs ont analysé rétrospectivement la survie en réanimation parmi 60 patients greffés de moelle intubés/ventilés. Dans cette étude l’incidence d’une hémorragie alvéolaire était de 37% ! Seulement 18% des patients ont été extubés et sont sortis de réanimation. Seulement 5% étaient en vie à 6 mois. Une GVH, une ventilation mécanique longue (durée > 15j), un délai de plus de 30 j entre la greffe et l’admission en réanimation étaient des facteurs associés à la mortalité.

    Outcome of bone marrow transplantation patients requiring mechanical ventilation.
    Huaringa AJ, Leyva FJ, Giralt SA, Blanco J, Signes-Costa J, Velarde H, Champlin RE.
    Crit Care Med 2000 Apr;28(4):1014-7

  • Les auteurs ont étudié la survie en réanimation des patients avec cancer (étude rétrospective). Un total de 414 patients cancéreux ont été ainsi évalués sur 66 mois et comparés à la fois aux autres patients de réanimation (n=1362) et aux patients cancéreux non admis en réanimation (n=2776). La survie en réanimation et à 1 an étaient respectivement de 53% et de 23%. Le taux de mortalité à 1 an était significativement moins élevée dans les deux groupes controles. En analyse multivariée, la ventilation mécanique, le choc septique étaient des facteurs de moins bon pronostic, à l’inverse d’une admission post-chirurgie ou pour la prise en charge d’une hémorragie.
    L’APACHE III, le type de cancer et la neutropénie ne sont pas des facteurs prédictifs d’une surmortalité. La conclusion des auteurs est que le score APACHE III n’est pas seul prédictif de l’évolution en réanimation. Les patients cancéreux en rénanimation n’ont pas une surmortalité comparés aux patients non cancéreux en réanimation.

    Outcome and prognostic factors in critically ill cancer patients admitted to the intensive care unit.
    Staudinger T, Stoiser B, Mullner M, Locker GJ, Laczika K, Knapp S, Burgmann H, Wilfing A, Kofler J, Thalhammer F, Frass M.
    Crit Care Med 2000 May;28(5):1322-8

  • Les auteurs ont comparé parmi 348 patients consécutifs atteints de cancer ou d’hémopathie, l’impact de trois facteurs : greffe ou pas, ventilation mécanique ou pas, neutropénie ou pas. La mortalité n’étaient influencée ni par le type de maladie maligne, ni par la présence d’une neutropénie. Les facteurs prédictifs de mortalité étaient (analyse multivariée) : la ventilation mécanique, la défaillance hépatique et cardiovasculaire. Parmi les patients greffés : la ventilation mécanique et le type allogénique de la greffe étaient les deux facteurs associés à la mortalité. Parmi les patients ventilés (mortalité 67%) : la défaillance hépatique et cardiovasculaireet le SDRA étaient associés à la mortalité.

    Outcomes of critically ill cancer patients in a university hospital setting.
    Kress JP, Christenson J, Pohlman AS, Linkin DR, Hall JB.
    Am J Respir Crit Care Med 1999 Dec;160(6):1957-61

  • Les auteurs ont rétrospectivement analysé les facteurs associés au besoin de ventilation mécanique de 159 patients ayant eu une greffe de cellules souches. La ventilation mécanique fut réalisée dans 11% des cas (17 patients). Les facteurs associés étaient : l’âge, l’ICT pré greffe, et le traitement par amphotéricine B. Seulement 3/17 patients ont survécu. Aucun facteurs de mortalité n’a pu être établi, sauf l’APACHE II : (21.7 vs 31.4; p = 0.029).

    Mechanical ventilation in hematopoietic stem cell transplantation: can We effectively predict outcomes?
    Shorr AF, Moores LK, Edenfield WJ, Christie RJ, Fitzpatrick TM.
    Chest 1999 Oct;116(4):1012-8

  • Etude prospective des facteurs associés à la mortalité en réanimation parmi 115 patients avec greffe de cellules souches. Le recours à l’intubation est un facteur associé à la mortalité : 66% vs 19% (p < 0.001). Parmi les patients intubés, ceux ayant eu une greffe de cellules souches ont meilleur pronostic que les patients ayant eu une allogreffe de moelle osseuse: p = 0.028. L’analyse multivariée indique que la probabilité de survie en réanimation diminue significativement si le patient est intubé, a subi une allogreffe, a une infection ou une hémorragie, si la FR, la FC, et la bilirubinémie sont élevées.

    Prognostic indicators for blood and marrow transplant patients admitted to an intensive care unit.
    Price KJ, Thall PF, Kish SK, Shannon VR, Andersson BS.
    Am J Respir Crit Care Med 1998 Sep;158(3):876-84

  • Les auteurs ont comparé durant 4 ans : trois scores de gravité calculés à l’admission en réanimation, afin d’estimer la probabilité de mortalité en réanimation de 94 patients neutropéniques atteints de cancer. SAPS II et le nombre de défaillances d’organes à l’admission peuvent être pérdictifs de décès. De plus, les valeurs de l’OSF à J1 et J3 de réanimation peuvent stratifier en différents groupes de patients à risque de décès en réanimarion.

    Severity-of-illness scores for neutropenic cancer patients in an intensive care unit: Which is the best predictor? Do multiple assessment times improve the predictive value?
    Guiguet M, Blot F, Escudier B, Antoun S, Leclercq B, Nitenberg G.
    Crit Care Med 1998 Mar;26(3):488-93

  • Les auteurs ont réalisé une étude rétrospective sur 4 ans, et analysé les facteurs de risque de mortalité en réanimation chez 107 patients neutropéniques. Le taux de mortalité en réanimation était de 55% La mortalité n’était pas différente selon le diagnostic de la pathologie maligne : hémopathies 61% versus tumeur solide 48%, p = 0.16). Les défaillances respiratoires et cardiovasculaires étaient associées avec la mortalité en réanimation (p < 0.001 pour les 2). Dans l’analyse multivariée, le nombre de défaillances d’organes et l’insuffisance respiratoire aigue étaient associées avec la mortalité.

    Prognostic factors for neutropenic patients in an intensive care unit: respective roles of underlying malignancies and acute organ failures.
    Blot F, Guiguet M, Nitenberg G, Leclercq B, Gachot B, Escudier B.
    Eur J Cancer 1997 Jun;33(7):1031-7

Techniques diagnostiques

  • La polymerase chain reaction (PCR) est un examen sensible pour la détection de l’ADN d’Aspergillus dans le LBA. Mais il est difficile actuellement de faire la différence entre colonisation et infection. Les auteurs ont mis au point une technique quantitative d’ADN aspergillaire : la “ real-time PCR method” et rapportent son application très intéressante en comparant des taux quantitatifs dosés dans le liquide de LBA de zone infectée aux taux de zones pulmonaires non infectées. Cette technique semble prometteuse.

    Rapid diagnosis of invasive pulmonary aspergillosis by quantitative polymerase chain reaction using bronchial lavage fluid.
    Kawazu M, Kanda Y, Goyama S, Takeshita M, Nannya Y, Niino M, Komeno Y, Nakamoto T, Kurokawa M, Tsujino S, Ogawa S, Aoki K, Chiba S, Motokura T, Ohishi N, Hirai H.
    Am J Hematol 2003 Jan;72(1):27-30

  • En analysant rétrospectivement la sensibilité de la PCR dans le LBA pour la détection d’infections virales (parainfluenza virus 1-3, respiratory syncytial virus, rhinovirus, influenza virus A and B, enterovirus, et coronavirus) chez 43 patients d’onco-hématologie, les auteurs rapportent une sensibilité meilleure et plus rapide des tests PCR que les cultures virales ou les tests sériques de recherche d’antigènes-anticorps.

    Polymerase chain reaction is more sensitive than viral culture and antigen testing for the detection of respiratory viruses in adults with hematological cancer and pneumonia.
    van Elden LJ, van Kraaij MG, Nijhuis M, Hendriksen KA, Dekker AW, Rozenberg-Arska M, van Loon AM.
    Clin Infect Dis 2002 Jan 15;34(2):177-83

  • Les auteurs ont rétrospectivement déterminé la corrélation entre les diagnostiques prémortem et postmortem chez 28 patients de réanimation ayant eu une greffe de moelle. Ils ont rapporté une excellente concordance entre le diagnostic clinique et les examens post-mortem.

    Relationship between premortem and postmortem diagnosis in critically ill bone marrow transplantation patients.
    Al-Saidi F, Diaz-Granados N, Messner H, Herridge MS
    .
    Crit Care Med 2002 Mar;30(3):570-3

  • Les auteurs ont étudiés prospectivement la PCR détectant 10 fg of d’ADN aspergillaire dans 197 LBA de 141 patients neutropéniques fébriles avec infiltrats pulmonairesDans cette population, la sensibilité et la spécificité du la PCR diagnostique était de 93.9% et 94.4%, la VPP de 83.8%, la VPN de 98.1%.
    La recherche diagnostique par PCR semble prometteuse.

    Clinical evaluation of a polymerase chain reaction assay to detect Aspergillus species in bronchoalveolar lavage samples of neutropenic patients.
    Buchheidt D, Baust C, Skladny H, Baldus M, Brauninger S, Hehlmann R.
    Br J Haematol 2002 Mar;116(4):803-11

  • Le rendement de 27 bronchoscopies (27 LBA et 14 biopsies transbronchiques) ont été rétrospectivement analysé chez 23 patients ayant eu une greffe de cellules souches dans le cadre du traitement de cancer du sein. Un diagnostic a pu être établi dans 16 cas (59%). BTB ont permis un diagnostic dans 10 (71%), avec comme diagnostic le plus fréquent: une toxicité pulmonaire liée aux drogues (n = 8), suivi de métastases pulmonaires (n = 2). Le LBA a permis un diagnostic dans 6 cas (22%) : pneumonie bactérienne (n = 3), aspergillose (n = 2), Pneumocystis carinii (n = 1) and Influenza B (n = 1). Les procédures diagnostiques furent bien tolérées.

    Flexible bronchoscopy in the diagnosis of pulmonary infiltrates following autologous peripheral stem cell transplantation for advanced breast cancer.
    Soubani AO, Qureshi MA, Baynes RD; Stem Cell Transplantation Section.
    Bone Marrow Transplant 2001 Nov;28(10):981-5

  • Les auteurs ont prospectivement analysé pendant 6 ans l’utilité du LBA chez 93 patients neutropéniques admis en réanimation avec infiltrats pulmonaires fébriles. Deux groupes furent définis : patients neutropéniques après chimiothérapie (n=41), et patients neutropéniques après greffes de cellules souches (n=52). Le LBA fut réalisé sous ventilation mécanique chez 42 patients. Le rendement diagnostique du LBA fut de 49%, et significativement plus élevé dans le groupe post-chimiothérapie. Dans le groupe post-greffe, le LBA était significativement plus souvent négatif lors d’infiltrats diffus pulmonaires. L’incidence des complications imputables au LBA étaient de 17%. Le taux de mortalité global en réanimation était de 71%. Malheurteusement, le changement de traitement occasionné par le LBA n’est pas un facteur augmentant la survie en réanimation.

    Utility of fiberoptic bronchoscopy in neutropenic patients admitted to the intensive care unit with pulmonary infiltrates.
    Gruson D, Hilbert G, Valentino R, Vargas F, Chene G, Bebear C, Allery A, Pigneux A, Gbikpi-Benissan G, Cardinaud JP.
    Crit Care Med 2000 Jul;28(7):2224-30

  • Les auteurs ont analysé sur 10 ans le rendement des examens diagnostiques chez 89 patients avec hémopathie maligne admis en réanimation pour complications pulmonaires. 58% des patients inclus avaient été greffés. Un diagnostic fut réalisé dans 69% des cas : infectieux dans 37/89 (42%), et non-infectieux dans 24/89 (27%). Les hémocultures et l’examen cytologique du LBA furent les examen les plus rentables : 13/43 (30%) et 13/45 (29%) de résultats positifs, respectivement). La concordance des analyses nécropsiques et du diagnostic clinique était bonne dans 43% des cas avec infection et 60% des cas sans causes infectieuses. Le taux global de mortalité était de 70/89 (79%), dont 47/52 (90%) parmi les patients greffés.
    Le recours à la ventilation mécanique, la greffe de moelle, le délai <90j entre la greffe et l’admission en réanimation étaient des facteurs associés avec la mortalité en réanimation.

    Pulmonary complications in patients with haematological malignancies treated at a respiratory ICU.
    Ewig S, Torres A, Riquelme R, El-Ebiary M, Rovira M, Carreras E, Rano A, Xaubet A.
    Eur Respir J 1998 Jul;12(1):116-22


Prise en charge - Traitement

  • Une étude rétrospective de patients présentant une aspergillose invasive résistante à l’amphotéricine B a été conduite chez 30 patients. Le traitement conduit fut alors une association caspofungin + amphotéricine B. Un réponse favorable fut alors obtenue dans 50% des cas.

    Refractory Aspergillus pneumonia in patients with acute leukemia: successful therapy with combination caspofungin and liposomal amphotericin.
    Aliff TB, Maslak PG, Jurcic JG, Heaney ML, Cathcart KN, Sepkowitz KA, Weiss MA.
    Cancer 2003 Feb 15;97(4):1025-32

  • Etude randomisée contrôlée criticable dans ses conclusions vu le type de traitement très différent en fait dans les deux bras, mais révélant une différence de survie à la 12è semaine de traitement en faveur du voriconazole.
    Voriconazole versus amphotericin B for primary therapy of invasive aspergillosis.
    Herbrecht R, Denning DW, Patterson TF, Bennett JE, Greene RE, Oestmann JW, Kern WV, Marr KA, Ribaud P, Lortholary O, Sylvester R, Rubin RH, Wingard JR, Stark P, Durand C, Caillot D, Thiel E, Chandrasekar PH, Hodges MR, Schlamm HT, Troke PF, de Pauw B; Invasive Fungal Infections Group of the European Organisation for Research and Treatment of Cancer and the Global Aspergillus Study Group.
    N Engl J Med 2002 Aug 8;347(6):408-15

  • Les auteurs ont réalisé une étude randomisée comparant l’efficaité de la VNI vs traitement standard chez 52 patients immunodéprimés avec infiltrats pulmonaires fébriles, dont 30 patients neutropéniques dans le cadre du traitement d’une hémopathie maligne. Les auteurs concluent à une réduction significative du taux de ventilation mécanique et des complications sérieuses en réanimation. L’intubation endotrachéale fut nécessaire dans significativement moins de patients sous VNI : 12 vs. 20, P=0.03,. Les patients sous VNI eurent moins de complication: 13 vs. 21, P=0.02, la mortalité en réanimation et hospitalière furent moindre : 10 vs. 18, P=0.03, et 13 vs. 21, P=0.02, respectivement
    Noninvasive ventilation in immunosuppressed patients with pulmonary infiltrates, fever, and acute respiratory failure.
    Hilbert G, Gruson D, Vargas F, Valentino R, Gbikpi-Benissan G, Dupon M, Reiffers J, Cardinaud JP.
    N Engl J Med 2001 Feb 15;344(7):481-7

    Parmi 27 patients consécutifs neutropéniques ayant eu une résection pulmonaire pour une suspicion d’aspergillose invasive, les auteurs ont analysé : le diagnostic pré-opératoire, la procédure opératoire, la prise en charge post-opératoire, les résultats des examens histologiques et la survie. L’aspergillose invasive était suspectée chez les patients neutropéniques devant une fièvre résistante aux antibiotiques et un infiltrat pulmonaire au TDM. Dans un cas seulement le diagnostic d’AI fut réalisé avant intervention. 20 patients eurent une lobectomie et 7 une résection segmentaire. Le jour de la chirurgie, les leucocytes étaient : < 500 x 10(9)/L chez 78% des patients, et le taux des plaquettes < 50 x 10(9)/L chez 58% des patients. L’infection fongique invasive était confirmée histologiquement chez 22 des 27 patients (81.5%); chez 5 patients aucune infection fongique ne fut documentée. La durée médiane de la chirurgie était de 120 min. Durant les 7 j post-chirurgie, une médiane de 4 CGR et de 2 CPA par patients furent nécessaires. Seulement deux cas de complications majeures post-opératoires furent décrits. Le taux de mortalité à J30 était de 11% et à 3 mois de 77%. Après résection, 7 patients ont été greffés sans récurrence d’aspergillose invasive.

    Lung resection for invasive pulmonary aspergillosis in neutropenic patients with hematologic diseases.
    Am J Respir Crit Care Med 1998 Sep;158(3):885-90
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