LE MÉPRIS DES SOIGNANTS, ÇA SUFFIT !

Le SMR (Syndicat des Médecins Réanimateurs) soutient le mouvement de grève annoncé par le SNPHARE et appelle également TOUS LES PRATICIENS HOSPITALIERS à faire grève le 11 janvier 2021 à ses côtés.

Cette grève s’inscrit dans le prolongement de notre protestation contre les mesures de reclassement des échelons de PH qui pénalisent injustement des PH déjà nommés, en supprimant les trois premiers échelons sur leurs carrières.  

La non reprise d’ancienneté des 3 anciens premiers échelons fait perdre de facto 4 ans dans la carrière pour les PH reclassés et autant de perte financière. Elle leur impose également une retraite à 67 ans pour atteindre l’échelon 13 alors que les PH nommés à partir du 1er octobre 2020 l’atteindront à 63 ans.

Malgré les demandes de négociations et les différents recours effectués pour dénoncer l’iniquité et les situations d’inégalité qu’engendre ce décret, le ministère de la santé a fait passer cette réforme « en force ». 

Nous demandons donc une révision de ce texte relatif au reclassement des praticiens hospitaliers, en collaboration avec les organisations syndicales, pour corriger ces iniquités inacceptables : il parait évident d’aboutir à une seule et même grille d’ancienneté pour une durée unique de carrière.

Il faut bien avouer que cette situation n’est que l’énième épisode d’une série sans fin avec pour personnage principal un gouvernement déconnecté du terrain dont les dirigeants ne montrent aucune considération ni respect pour ses soignants, considérés comme de vulgaires figurants dans le film de leur vie : leur vie à l’hôpital, qu’ils tentent de sauver.

En mars 2020, nous avons connu une crise sanitaire sans précédent. Le système de santé a été dépassé, les services hospitaliers submergés. Cette pandémie de grande ampleur a mis en exergue les faiblesses de notre système de santé que nous dénoncions depuis des années (absence de moyen, manque de lits d’hospitalisation, pénurie de soignants para médicaux et médicaux, la non reconnaissance des compétences en réanimation) que les mesures, décidées et appliquées par les gouvernements successifs, n’ont cessé d’aggraver. 

Mais cette crise a également permis de montrer à la société tout le professionnalisme et le dévouement des soignants, quelque soit leur catégorie professionnelle, leur spécialité ou leur lieu d’exercice. C’est grâce à eux, à l’union de leur compétence, à leur force et à leur courage, que la France a pu faire face à cette pandémie et éviter un désastre sanitaire national.

Il nous semble alors légitime de demander au gouvernement français de tirer des leçons de cette épisode et de porter attention aux revendications du personnel de santé, en tant qu’acteurs du quotidien : ce sont eux qui œuvrent sur le terrain, eux qui ont risqué leur vie pendant cette pandémie pour sauver celle des autres, eux qui supportent leur hôpital à bout de bras depuis des années malgré les conséquences dévastatrices des politiques de santé.

Au décours de cette première vague et pour anticiper la deuxième plus sereinement, nous avons fait des propositions ; mais le gouvernement est resté sourd et immobile. Celles-ci permettaient notamment de répondre au manque de capacité d’accueil des services de réanimation, qui a été un des principaux facteurs responsables du confinement de la population et de l’arrêt des activités de soins dites « non urgentes », donc l’impact a été et sera catastrophique pour une partie de la population ((retard de prise en charge, aggravation de maladie chronique, pathologies psychiatriques).

Le SMR demande à nouveau au gouvernement d’agir activement et urgemment pour assurer une augmentation pérenne de l’effectif médical et paramédical, préliminaire indispensable pour envisager une augmentation du nombre de lits de réanimation. Les prérequis sont à cette démarche sont :

  • Une politique agressive pour recruter et former du personnel de réanimation (médical et paramédical)
  • Des mesures pour valoriser les soignants de réanimation : améliorer leur qualité de vie au travail, reconnaitre la spécialisation des IDE de réanimation , augmenter les salaires
  • L’amélioration de l’attractivité de l’hopital public
  • Une reconnaissance de l’investissement des PH au sein de l’hôpital (les instances) ainsi qu’au sein des sociétés savantes.

Une mobilisation massive de tous les médecins hospitaliers est indispensable pour la survie de l’hôpital public dans des conditions qui permettent de maintenir une offre de soins digne et optimale pour nos patients. Le SMR soutient cette démarche.

Principales revendications (encadré)

  • Révision du texte relatif au reclassement des praticiens hospitaliers, en collaboration avec les organisations syndicales, pour corriger les iniquités envers les PH en fonction.
  • Reconnaissance du temps de travail : 24h= 5 plages
  • Augmenter le nombre de médecin en réanimation à 9 ETP pour 12 lits de réanimation
  • Revalorisation et développement de la spécialité MIR : prime PECH, augmentation du nombre de postes à l’ECN en MIR
  • La reconnaissance d’une spécialité IDE de réanimation et la création d’un diplôme spécifique
  • La fin du tout T2A
  • Améliorer la qualité de vie au travail
Dernière mise à jour : 09/01/2021

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