Practice Guidelines for the Diagnosis and Management of Aspergillosis: 2016 Update by the Infectious Diseases Society of America

Domaine traité:

Aspergillose

Sociétés impliquées:

Infectious Diseases Society of America (IDSA)

Méthodologie employée :

Il s’agit d’une réactualisation des recommandations éditées en 2008 par l’IDSA. Cette réactualisation a été réalisée par un panel international de 17 experts. Elle a pour objectif de résumer l’état actuel des connaissances sur la prise en charge des différentes formes d’aspergillose.

La méthodologie utilisée par les experts pour évaluer les données de la littérature repose sur la méthode GRADE (Grading of Recommandations Assessment Development, and Evaluation) ; l’obtention du consensus étant assurée par la réalisation de multiples réunions entre les experts.

Les experts se sont concertés pour chaque recommandation et ont analysé à chaque fois la qualité des preuves et la force de la recommandation. La qualité des preuves était évaluée en utilisant la méthode GRADE. Les recommandations sont fortes ou faibles. Les recommandations fortes devraient être appliquées le plus souvent par l’ensemble des professionnels et dans la majorité des situations. Les recommandations faibles sont proposées par les experts pour aider les médecins à définir la stratégie la plus adaptée.

Sur la méthode utilisée par les experts, ces recommandations reprennent en partie la méthode utilisée par la SRLF pour l’élaboration des RFE. La méthode GRADE est en effet utilisée pour la rédaction et la cotation des recommandations éditées par la SRLF. Néanmoins, les recommandations de la SRLF sont définies par le caractère nécessaire (défini en particulier par les données de la littérature) et par l’importance de l’accord entre les experts. Ces deux niveaux ne sont pas différenciés dans les recommandations de l’IDSA : la force de la recommandation correspond à une synthèse de la qualité des preuves et de l’opinion des experts. Ainsi, en cas de consensus entre les experts, une recommandation peut être forte même lorsque les preuves de qualité sont manquantes.

Sur les recommandations émises par les experts : Les experts ont émis 98 recommandations sur la prévention, le diagnostic et le traitement de l’aspergillose (invasive, chronique et allergique) chez l’adulte et l’enfant. Les prises en charge des atteintes pulmonaires et extra-pulmonaires sont détaillées.

Seules les aspergilloses invasives pulmonaires (API) chez l’adulte seront abordées dans cette Ref-Actu.

Le dosage du galactomannane (GM) dans le sérum et dans le lavage broncho-alvéolaire est recommandé par les experts pour faire le diagnostic d’API en cas de pathologie hématologique maligne et de greffe de cellule souches hématopoïétiques (GCSH) (recommandation forte reposant sur des données de qualité). Ces dosages ne sont par contre pas recommandés pour le dépistage systématique chez les patients ayant une transplantation d’organe solide ou une granulomatose (recommandation forte reposant sur des données de qualité). Enfin, le suivi de la concentration plasmatique de GM n’est pas recommandé en routine chez les patients ayant un traitement antifongique (curatif ou prophylactique)(recommandation forte reposant sur des données de qualité). Le dosage sérique de (1-3) β-D-Glucan est recommandé pour faire le diagnostic d’API chez les patients à haut risque (hémopathie maligne ou allogreffe de cellules souches hématopoïétiques) (recommandation forte reposant sur des données de qualité modérée).

En cas de suspicion d’API, le scanner thoracique est recommandé pour étayer le diagnostic (recommandation forte reposant sur des données de qualité). L’injection de produit de contraste est recommandée en cas de nodule ou de masse proche des structures vasculaires thoraciques (recommandation forte reposant sur des données de qualité modérée).

Une fibroscopie bronchique avec lavage broncho-alvéolaire doit être réalisée en cas de suspicion d’API (recommandation forte reposant sur des données de qualité modérée).

Pour le traitement de l’API, le voriconazole est recommandé en première intention (recommandation forte reposant sur des données de qualité). Le traitement doit être débuté précocement et ne doit pas attendre le résultat des examens complémentaires chez les patients à haut risque (recommandation forte reposant sur des données de qualité). En deuxième intention, un traitement par amphotéricine B ou isavuconazole peut être proposé (recommandation forte reposant sur des données de qualité modérée). Un traitement par échinocandines n’est pas recommandé en première intention (recommandation forte reposant sur des données de qualité modérée). La durée de traitement de l’API devrait être comprise entre 6 à 12 semaines et dépend de l’immunosuppression et de la réponse au traitement (recommandation forte reposant sur des données de qualité faible). Enfin, en cas de traitement immunosuppresseur, son arrêt doit être discuté pour améliorer le pronostic de l’API (recommandation forte reposant sur des données de qualité faible).

Dernière mise à jour : 28/04/2017