Référentiel-Actu : OXYGEN USE IN ADULTS IN HEALTHCARE AND EMERGENCY SETTINGS

Sociétés impliquées :

Rédigé par le  British Thoracic Society Emergency Oxygen Guideline Development Group, sous couvert de la British Thoracic Society

 Article : O’Driscoll BR, Howard LS, Earis J, et al. Thorax 2017;72:i1–i90  ; (http://dx.doi.org/10.1136/ thoraxjnl-2017-209951)

 Méthodologie :

Cette recommandation est une mise à jour de la recommandation de 2008 rédigée par la BTS, en association avec 21 autres sociétés médicales du Royaume Uni. La méthodologie utilisée respecte les nouveaux critères BTS NICE, en accord avec les critères AGREE II mis à jour en 2013.

Schématiquement, le niveau de preuve est côté selon la règle SIGN (Scottish Intercollegiate Guideline Network) et pris en compte dans le grade de recommandation : A, au moins une méta-analyse, revue systématique, ou étude randomisée de haute qualité, présentant des résultats directement applicables à la population cible ; B, un ensemble de preuves tirés de revues ou d’études de qualité secondaire, mais avec des résultats consistants, ou des preuves indirectes issues d’études de bonne qualité ; C, un ensemble de preuves concordantes, issues d’études de qualité secondaire et directement applicables à la population cible ; D, un ensemble de preuves de niveau faible, ou de preuves indirectes extrapolées d’études de qualité secondaire. Le détail de la méthodologie est disponible dans le texte original de la recommandation.

Compte-tenu du nombre important de références bibliographiques sur le sujet dans MEDLINE, la recherche bibliographique a été réalisée selon une méthodologie standardisée et déléguée à un groupe indépendant (Centre for Reviews and Dissemination and Centre for Health Economics at the University of York). La méthodologie complète de cette recherche est disponible en ligne (online supplementary appendix 1 on the BTS website ; http://www. brit-thoracic.org.uk). Les références bibliographiques ont été prises en compte jusqu’en fin 2016.

La bibliographie sélectionnée a ensuite été analysée par le comité des référentiels de la BTS, devisée en sous-groupes, en fonctions des principales questions-clés (physiologie et pathophysiologie ; aspects cliniques de l’hypoxémie et de l’oxygénothérapie ; modalités pratiques prescription d’oxygène).

Résumé général des recommandations :

 L’oxygène (O2) est un traitement de l’hypoxémie et non de la dyspnée. L’O2 n’a fait la preuve d’aucun effet significatif chez les patients dyspnéiques et non hypoxémiques.

L’essence même de ces recommandations peut se résumer au fait que l’O2 doit être prescrit en fonction d’une cible de saturation ; ceux qui administrent de l’ O2 à leurs patients doivent surveiller les patients et maintenir la saturation dans la zone cible choisie.

L’objectif est de maintenir une saturation en oxygène (SpO2) normale ou sub-normale pour tout patient aigu, à l’exception de ceux présentant un risque d’hypercapnie ou ceux en soins palliatifs.

  1. Evaluation des patients

 Pour tout patient aigu, de l’O2 à haut débit doit être administré immédiatement, et ceci doit être consigné dans le dossier du patient.

Les cliniciens doivent garder à l’esprit que l’O2 additionnel a pour seul objectif de corriger l’hypoxémie, mais qu’il n’a aucune vertu thérapeutique spécifique, ce qui sous-entend que la cause de la détresse respiratoire doit être recherchée et traitée de façon concomitante.

La SpO2 (« the fifth vital sign ») doit être évaluée de façon systématique chez tout patient dyspnéique à la phase aiguë. La concentration en O2 administrée nécessaire à la correction de l’hypoxémie doit être consignée dans le dossier du patient.

La SpO2 doit être disponible dans tout lieu où de l’O2 est administré à la phase aiguë. Une évaluation clinique est nécessaire si la SpO2 chute ≥ 3%, ou lorsqu’elle est enregistrée en dessous de la zone cible.

Tous les patients aigus traités par O2 en dehors d’un service de réanimation ou de soins continus doivent être évalués de façon régulière et surveillés selon un système d’alerte standardisé tel que le NEWS (National Early Warning Score).

NB : ce type d’outil d’alerte ne semble pas ou peu appliqué en dehors du Royaume Uni et ne sera pas développé plus avant dans la traduction de ces recommandations.

  1. Prescription d’une zone cible de saturation en O2

 L’O2 doit être prescrit afin d’obtenir une SpO2 cible de 94-98% pour la majorité des patients aigus, ou de 88-92% pour des patients à risque de détresse respiratoire hypercapnique (Tableaux 1-4) (grade A pour les patients BPCO, grade D pour tous les autres patients).

Une règle de bonne pratique serait de prescrire une zone cible de SpO2 pour tout patient hospitalisé, dès son admission, afin de permettre un traitement par O2 adapté en cas de survenue d’une détresse respiratoire hypoxémique (grade D).

Cette zone cible de SpO2 doit être consignée dans le système de prescription hospitalier (Figure 1) (grade D).

  1. Administration de l’oxygène

 L’O2 doit être administré par une équipe entrainée (grade D).

Cette équipe doit utiliser l’interface d’administration appropriée et les débits ajustés afin de maintenir le patient dans la zone cible d’oxygénation (Figure 2).

L’équipe doit être entrainée à l’utilisation d’une variété de dispositifs d’administration afin de s’assurer que l’O2 soit administré de façon sécuritaire. 

  1. Surveillance et maintien dans la zone cible de saturation en O2

 La SpO2 et le système utilisé (incluant le débit) doivent être consignés dans le dossier du patient (grade D).

L’interface d’administration et le débit d’O2 doivent être ajustés afin de maintenir le patient dans la zone cible d’oxygénation. Une évaluation clinique rapide est nécessaire en cas d’initiation, ou d’augmentation du débit d’O2 en cas de désaturation (grade D).

L’O2 doit être prescrit (i.e. comme un médicament !) et cette prescription doit être signée ou validée dans le dispositif de prescription (grade D).

  1. Sevrage et arrêt de l’O2

 L’O2 doit être sevré progressivement chez les patients stables, ayant un niveau d’oxygénation satisfaisant (grade D).

L’administration d’O2 doit être interrompue lorsque le patient peut maintenir sa SpO2 dans, ou au dessus de la zone cible, en air ambiant ; la prescription d’une zone cible d’O2 doit cependant être maintenue en cas de future détérioration (grade D).

 

Des recommandations plus détaillées sont fournies dans le texte complet de la BTS, en particulier les cas pathologiques spécifiques et les modalités pratiques d’administration.

Dernière mise à jour : 03/08/2018

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