Infections voies respiratoires basses

En 1991, la conférence de consensus organisée à Lille par la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) sur l’antibiothérapie des infections des voies respiratoires était une première mondiale, dont l’absence de diffusion dans une revue anglophone a fait disparaître le souvenir dans la communauté médicale internationale, au profit de la conférence anglaise de 1993. Depuis, les recommandations sur ce thème se sont succédées à un rythme tellement soutenu qu’il devient difficile d’en tenir le compte, chaque pays, et dans certains pays, chaque société ou institution souhaitant s’exprimer sur ce sujet, quelquefois plusieurs fois chaque décennie. Cela est certaine- ment corrélé à la place importante des infections respiratoires dans l’activité médicale, principalement en médecine générale, et donc dans les dépenses de santé. Pour sa part, la SPILF, avec l’expérience de 14 conférences antérieures, couvrant les très nombreux champs de la pathologie infectieuse, a proposé à ses partenaires, l’Association pédagogique nationale pour l’enseignement de la thérapeutique (APNET), l’Association de perfectionnement des pneumologues libéraux (APP), le Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (CMIT), la Société française de micro- biologie (SFM), la Société francophone de médecine d’urgence (SFMU), la Société nationale française de médecine interne (SNFMI), la Société de pneumologie de langue française (SPLF), la Société de réanimation de langue française (SRLF), de participer à l’organisation et à la réalisation d’une conférence de consensus sur la prise en charge des infections des voies res- piratoires basses de l’adulte immunocompétent. L’objectif n’est pas d’aligner de nouvelles recommandations à la longue liste de celles existantes, mais bien plutôt d’essayer de participer à un changement d’attitude et d’intégrer la notion de travail en réseau des structures libérales et publiques, de dépasser l’objectif restreint de recommandations de choix d’anti-infectieux au profit de celui de « prise en charge optimisée des patients », de renforcer la recherche d’un bénéfice individuel par celle d’une gestion de santé publique. L’objectif est aussi de débuter le XXIe siècle en tenant compte de l’évolution des moyens diagnostiques, en particulier les offres techniques actuelles et futures proches d’imagerie, de biologie moléculaire, de diagnostic rapide, dès lors qu’elles peuvent améliorer la qua- lité des soins pour le patient, et la gestion raisonnée des soins pour la collectivité : un diagnostic virologique précoce écono- misant un traitement antibactérien inadapté au profit d’un anti- viral spécifique est un bénéfice individuel et collectif. Une vaccination élargie à des groupes soit responsables de diffusion d’agents infectieux respiratoires, soit victimes de formes sévè- res d’infections par ces agents offre également des bénéfices individuels et collectifs. Dans le champ plus classique mais tou- jours actuel bactéries–antibactériens, il était nécessaire de revoir l’évolution de l’épidémiologie bactérienne, et celle des résistances en prenant acte de la stabilité de certaines données permettant une pause dans la pression mise sur les prescripteurs de molécules connues et surveillées de longue date, mais aussi en anticipant sur l’impact écologique d’un éventuel suremploi de tel ou tel groupe de molécules.

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Dernière mise à jour : 05/12/2015