Monitorage traumatisé grave en préhospitalier

Cette conférence d’experts s’adresse à l’ensemble des médecins exerçant en médecine d’urgence préhospitalière. Elle ne concerne que les patients traumatisés graves, c’est-à-dire suspects d’une ou de plusieurs lésions pouvant engager le pronostic vital, justifiant de fait une prise en charge préhospitalière médicalisée. Ceci inclut les patients pour lesquels le mécanisme et la cinétique du traumatisme peuvent être associés à des lésions potentiellement vitales à court terme, même si l’examen clinique initial semble rassurant. Les techniques de monitorage décrites ont pour objectif d’améliorer la performance diagnostique, d’évaluer les conséquences physiopathologiques des lésions, d’assurer une surveillance continue des principaux paramètres vitaux, d’aider au dépistage d’éventuelles complications précoces, de guider la thérapeutique et d’optimiser, le cas échéant, l’orientation du patient. C’est pourquoi ont été abordées non seulement les techniques de surveillance continue, mais également celles qu’il est aisé de répéter. Pour chaque méthode de monitorage préconisée, les indications, non-indications et la balance bénéfice/risque devront être soigneusement évaluées, en prenant en compte les impératifs de faisabilité et les difficultés éventuelles d’interprétation, de façon à optimiser les chances du patient. L’utilisation de ces techniques de monitorage ne doit en effet pas aboutir à un allongement inutile et délétère du temps de prise en charge globale (extra- et/ou intrahospitalière), en particulier pour les patients nécessitant un acte urgent chirurgical et/ou de radiologie interventionnelle. A l’inverse, la nécessité de transfert rapide vers une structure hospitalière ne doit pas conduire à une prise en charge médicale dont le minimalisme pourrait nuire au patient. Une hiérarchisation des techniques de monitorage est donc nécessaire en fonction des lésions suspectées et de leur évolution potentielle. Si certaines techniques s’avèrent indispensables chez tous les patients traumatisés graves, d’autres techniques ne seront utiles que pour des situations particulières.

Toutes ces techniques de monitorage nécessitent que les médecins en connaissent les indications, les non-indications, l’interprétation, les limites et les difficultés d’interprétation éventuelles, et que l’ensemble des personnels aient été formés à leur utilisation. Leur utilisation impose la mise en oeuvre des procédures de maintenance préventive et de matériovigilance. Les recommandations sont fondées sur l’état actuel des connaissances et, à défaut d’étude pertinente, sur l’avis des experts. La littérature préhospitalière étant pauvre sur ce sujet, bon nombre de recommandations ont été basées sur la littérature existante dans le domaine de l’anesthésie, de la réanimation et/ou de la médecine d’urgence intrahospitalière. Enfin, le domaine du monitorage en médecine d’urgence étant en pleine évolution, certaines orientations ont été élaborées à partir de données préliminaires prometteuses mais qui nécessitent validation.
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Dernière mise à jour : 05/12/2015