VNI : le travail du réanimateur ne s’arrête pas après l’extubation !

La VNI curative de la détresse respiratoire aiguë (DRA) post-extubation n’a jamais montré de bénéfice et retarde au contraire la ré-intubation avec ses conséquences délétères [1]. Au cours de la dernière décennie, un certain nombre de travaux ont en revanche suggéré qu’une VNI dite « prophylactique », débutée précocement et systématiquement au décours de l’extubation d’un patient dit « à risque » de ré-intubation pourrait prévenir la survenue d’une DRA post-extubation.

L’identification des facteurs de risque d’échec d’extubation et la sélection des populations les plus susceptibles de bénéficier de VNI prophylactique ont permis de rapporter un effet bénéfique de cette stratégie [2-4]. En particulier, Ferrer et al. ont montré que 24 heures de VNI prophylactique dite « continue » (en pratique, 18 heures par jour) diminuait l’incidence de la DRA post-extubation ainsi que la mortalité à 90 jours chez des patients âgés de plus de 65 ans, porteurs d’une maladie respiratoire chronique et hypercapniques en fin d’épreuve de sevrage [4].

Aux yeux des auteurs du présent article, ces études ont deux limites : 1) la proportion de patients porteurs d’une maladie respiratoire chronique est variable d’une étude à l’autre [1-4], d’où une hétérogénéité de la population incluse, 2) la VNI était en général administrée à haute dose (VNI « continue »), ce qui est source d’inconfort pour le patient [5].

Objectif de l’étude : évaluer l’impact de la VNI prophylactique intermittente en post-extubation sur la probabilité de survenue d’une DRA chez des patients porteurs d’une maladie respiratoire chronique ayant bien toléré l’épreuve de ventilation spontanée.

Critère de jugement principal : survenue d’une détresse respiratoire aiguë dans les 48 heures suivant l’extubation définie par la présence d’au moins deux des quatre critères suivants [6] : 1) tachypnée ≥ 35/min ou bradypnée ≤ 12/min, 2) détresse respiratoire aiguë définie par cyanose, sueur, utilisation des muscles respiratoires accessoires, respiration abdominale paradoxale, troubles de la vigilance, 3) hypercapnie avec acidose respiratoire, 4) hypoxémie sous oxygénothérapie ≥ 6l/min.

Critères de jugement secondaires : ré-intubation selon des critères bien définis [6], durée de séjour en réanimation, mortalité en réanimation et 90 jours après randomisation.

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Dernière mise à jour : 29/09/2017

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