L’évolution du métier de réanimateur doit prendre en compte le bien-être physique et psychologique ainsi que les besoins sociaux des patients et de leurs proches grâce à une humanisation du soin : « le care », tout en considérant les besoins de celles et ceux qui soignent. Cette évolution doit permettre une transition entre le fait de « faire de la réanimation » aux aspects techniques indispensables mais potentiellement « deshumanisants », et le fait de « devenir réanimateur », état d’esprit qui nécessite formation, compagnonnage (acquisition d’un savoir expérientiel) et prise en compte d’une notion de plus en plus prégnante qui est celle de « service rendu » au patient. Ainsi, évoluer de la réanimation proprement dite à « la non-réanimation », à la « dé-réanimation » et au « suivi post-réanimation » constitue la base de la réflexion autour du métier de réanimateur. Cette démarche contribuera à prévenir, grâce aux réflexions partagées et multidisciplinaires, des soins jugés inutiles, une qualité empêchée et une perte de sens au travail, source de souffrance psychique et de perte d’attractivité et de diminution de la fidélisation aux métiers des soins critiques.