L’interaction entre la « santé de notre planète » et celle de ses habitants, qui repose sur un climat stable, une biodiversité préservée, des ressources respectées, est majeure. Les soins prodigués en réanimation contribuent particulièrement à la consommation d’énergie et de dispositifs à usage unique ainsi qu’à la production de déchets.
Une attitude citoyenne responsable relève de la question de « l’allocation éthique de ressources rares ». Cela est possible et pourrait être résumé sous le terme de « décroissance » dans les soins, non pas en termes d’efficacité ou de moyens, mais en termes de soins justes et appropriés y compris à moindre coût environnemental. Cet objectif de sobriété ne ferme pas la porte au progrès, lequel serait désormais centré sur les besoins réels des citoyens et s’appuierait sur l’intégration de la finitude de nos ressources et sur la nécessité d’une disponibilité pour tous. La discussion de toute prescription à l’aune de sa possible inutilité devrait constituer un élément clef d’un exercice médical de qualité. A bien des égards, cet objectif d’une qualité des soins défendue à l’échelon individuel contribuera à une meilleure qualité collective de prise en comptes des besoins de santé.